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VISIONNAIRE ET GUIDE DES TEMPS MODERNES

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Au début, avec un grand scepticisme du à la nature des sols et au manque d’organisation déplorable chez les autochtones, les gens pensaient que l’initiative de Serigne Abdou était vouée à l’échec. Mais déjà, avant la fin de l’année 1941, les populations de Mbacké Baol ont vu leurs marchés inondés de salade, de tomates, de radis et de choux en provenance de Darou Rahmane. Quelques temps après, haricots verts, carottes, aubergines, betteraves, feuilles de menthe, piment, navets, persils, céleris, épinards et concombres firent leur apparition. En l’espace de quelques années, toutes les techniques modernes de jardinage et d’irrigation puisées des livres de botaniques par le Cheikh furent appliquées.

De l’arboriculture à la riziculture en passant par la pisciculture, le verger de Darou Rahmane, en véritable eldorado, était devenu, avec son microclimat paradisiaque, un vrai régal pour les yeux. Foisonnant  de fruits tels que mangues, pamplemousses, papayes, mandarines, citrons, goyaves, raisins, bananes, sapotilles, fraises, ananas, cocos et dattes, pour ne citer que ceux la, Darou Rahmane était devenu le lieu de prédilection des pique-niqueurs libano-syriens.

Tout le travail était entrecoupé de séances de prières et de lecture du saint Coran. Et Serigne Abdoulahi ne cessait de répéter : « Et pour celui qui craint de comparaître devant son Seigneur, il y aura deux jardins ». (S55, V46)

En 1957, la production quotidienne en fruits et légumes s’estimait en centaines de tonnes et était acheminée par train et camions vers les régions de Diourbel, Thiés et Cap-Vert. Prés de 500 disciples bénéficiant de nombreux avantages sociaux étaient appointés dans le verger.

Doté d’une foi inébranlable et d’une passion innée du travail, il avait fait imprimer une pancarte en arabe et français sur laquelle on pouvait lire : «Consacrez-vous à Dieu et à son Prophète…. mais travaillez ! »

Homme d’ouverture, il était d’une culture extrêmement vaste ; la revue arabe intitulée Al Hayat le comptait parmi ses abonnés. La fertilité de son imagination et sa perspicacité avait fait de lui un conseiller de premier rang pour tous ses pairs. Son opinion était toujours tenue en compte dans toute prise de décision majeure concernant le mouridisme. Il était d’une dignité et d’une austérité rarissimes.

En effet lorsque le ministre français Longchambon lui rendit visite à Darou Rahmane et lui proposa une aide financière très substantielle, le Cheikh le remercia chaleureusement pour son geste. Mais pour autant, sa réponse retentit comme une leçon de noblesse  pour toute l’humanité : « considérez que j’ai accepté cette aide mais donnez l’argent à d’autres qui en ont davantage besoin que moi ».

La bonté de son cœur, l’adoration dans la sincérité et la méthode dans le travail ont été une constante dans la vie de Cheikh Abdou qui donnait une image fort séduisante à la religion musulmane.

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