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Législatives au Cap-Vert : Gisèle Lopes d’Almeida dénonce « la privatisation du pays » et appelle la diaspora à voter massivement

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En conférence de presse à Dakar, la candidate aux élections législatives capverdiennes, Gisèle Lopes d’Almeida, a dressé un tableau alarmant de la situation économique et sociale du Cap-Vert. Entre coupures d’eau et d’électricité, chômage, privatisations controversées et difficultés d’accès à la nationalité pour la diaspora, elle a vivement critiqué le pouvoir en place tout en appelant les Capverdiens de l’Afrique de l’Ouest à se mobiliser pour le scrutin du 17 mai.

À quelques jours des élections législatives prévues ce dimanche 17 mai au Cap-Vert, la candidate Gisèle Lopes d’Almeida est montée au créneau lors d’une conférence de presse organisée à Dakar. Face aux journalistes, elle a dénoncé ce qu’elle considère comme « un démantèlement progressif » des secteurs stratégiques de l’économie capverdienne à travers des privatisations successives.

Selon elle, ces politiques ont provoqué de profonds déséquilibres dans le quotidien des populations. « Aujourd’hui, la situation au Cap-Vert est dramatique », a-t-elle déclaré, évoquant des coupures récurrentes d’eau et d’électricité ainsi que des difficultés d’approvisionnement en gaz dans certaines îles de l’archipel.

La candidate affirme que des scènes inhabituelles sont désormais visibles dans le pays, avec de longues files d’attente de citoyens cherchant à se procurer du gaz domestique. Une situation qu’elle juge inédite dans l’histoire récente du Cap-Vert.

« Des promesses jamais tenues »

Sur le front de l’emploi, Gisèle Lopes d’Almeida a accusé le gouvernement d’avoir échoué à respecter ses engagements. Elle rappelle que l’exécutif avait promis la création de 45 000 emplois, mais soutient qu’en réalité, près de 35 000 postes auraient été supprimés.

« On ne voit pas pourquoi le peuple devrait encore accorder sa confiance à des dirigeants qui n’ont jamais tenu leurs promesses », a-t-elle lancé, dénonçant une gouvernance orientée, selon elle, vers des « intérêts personnels ».

La candidate accuse également le pouvoir d’avoir favorisé certains groupes proches du régime dans le cadre des privatisations, notamment dans le secteur maritime.
Le secteur maritime au cœur des critiques

Évoquant la présence d’opérateurs portugais dans le transport maritime, Gisèle Lopes d’Almeida estime que les autorités ont confié des secteurs stratégiques à des intérêts étrangers au détriment des compétences locales.

« Le Capverdien est un navigateur par essence », a-t-elle rappelé, soulignant qu’avant ces réformes, plusieurs opérateurs nationaux assuraient efficacement les liaisons entre les différentes îles.

Selon elle, les nouvelles conventions signées avec des partenaires portugais n’ont pas apporté les investissements promis. Elle déplore également une couverture incomplète des dessertes maritimes, affectant fortement la mobilité des populations et le coût des marchandises.

La candidate a regretté le démantèlement d’un système qu’elle qualifie de « solidaire et équilibré », mis en place après l’indépendance sous l’impulsion de Amílcar Cabral et des premiers dirigeants du pays.

La question sensible de la nationalité

Autre sujet majeur abordé durant cette conférence : les difficultés rencontrées par la diaspora capverdienne dans l’accès à la nationalité.

Gisèle Lopes d’Almeida a dénoncé une législation qu’elle juge inadaptée, obligeant les demandeurs à fournir des documents datant parfois des années 1700 ou 1800 pour prouver leurs origines capverdiennes.

Elle explique que même les descendants directs de Capverdiens installés depuis plusieurs générations en Afrique de l’Ouest rencontrent d’importants obstacles administratifs.
« La nationalité est un droit constitutionnel, pas un instrument politique », a-t-elle martelé.

La candidate a également accusé certaines représentations diplomatiques de faire de la « politique » autour des procédures de nationalité, en distribuant les dossiers « au compte-gouttes ».

Appel à la mobilisation de la diaspora

Dans son intervention, Gisèle Lopes d’Almeida a lancé un appel fort à la communauté capverdienne vivant en Afrique de l’Ouest, notamment au Sénégal, en Côte d’Ivoire et au Mozambique.

Elle a invité ses compatriotes à se mobiliser massivement pour les élections du 17 mai, estimant que « le combat continue » pour la reconnaissance pleine et entière des droits de la diaspora.

Rendant hommage aux anciennes générations de migrants capverdiens arrivés sur les côtes africaines dans des conditions difficiles, elle a salué leur contribution au développement de leur communauté à travers le travail et l’éducation.

Pour la candidate, préserver la nationalité capverdienne revient à préserver l’identité même du peuple capverdien.

 

Assane Diop

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