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La plume est à vous : La belle Adji, l’agrégé en droit et la guerre des mandats !

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Les interprétations successives et contradictoires des dispositions de la constitution relatives à la possibilité ou non d’une candidature de l’actuel président aux élections de 2024 nous offrent une belle réinterprétation de la magnifique œuvre de Giraudoux « La guerre de Troie n’aura pas lieu ». Est-ce une confirmation de l’universalité de certaines légendes et de la prégnance des invariants des comportements humains dans les sociétés en crise ? l’avenir nous le dira. Toujours est-il que le droit et la littérature sont des expressions de la société et de ses contradictions.

En spectateur de la situation politique du Sénégal, il est frappant de constater des similitudes avec le tableau dépeint par Giraudoux.

La légende dit que Hélène était la plus belle femme du monde. Mariée à Ménélas, roi de Sparte, elle est enlevée par Pâris, prince troyen, ce qui déclencha la guerre de Troie qui opposa Grecs et Troyens. Pendant que bruissait sourdement les risques d’une confrontation, les faiseurs de paix et les va-t-en-guerre s’opposent et c’est à ce mont précis de l’histoire qu’apparait Busiris de Syracuse, présenté comme “le plus grand expert vivant du droit des peuples”.

Celui-ci vient, à la demande du Sénat, de recenser trois manquements aux règles internationales, commis par la flotte grecque lors de son arrivée à Troie. De quoi justifier, pour les autorités troyennes, une reprise des hostilités en qualité d’offensées.

Busiris est le symbole du juriste opportuniste démontre que la guerre doit reprendre. Sous la menace d’un emprisonnement par Hector fervent partisan de la paix, il réinterprète les faits a nouveau afin de transformer les violations initialement constatées en hommages rendus aux troyens.

Il est aisé de reconnaitre les personnages sénégalais qui illustrent cette farce de mauvais goût en espérant que notre Conseil Constitutionnel dira le droit en tenant en compte l’avertissement de Hector à Busiris “Mon cher Busiris, nous savons tous ici que le droit est la plus puissante des écoles de l’imagination. Jamais poète n’a interprété la nature aussi librement qu’un juriste la réalité” et que la guerre des mandats ne débouchera pas sur une guerre entre mandants.

Les délires d’un archiviste

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