Après les difficultés liées notamment à l’eau, à l’éclairage et à l’assainissement lors du Gamou 2026, Abdou Fall, délégué du quartier Sokhna Astou Kane, appelle à revoir le dispositif de préparation des grands événements religieux à Tivaouane. Il plaide pour une meilleure anticipation des besoins, mais surtout pour une implication effective des délégués de quartier dans la préparation, la coordination et l’évaluation du Gamou.
Une meilleure implication des délégués de quartier
Pour Abdou Fall, les délégués de quartier ne doivent plus être sollicités uniquement lorsque les difficultés apparaissent. Leur connaissance du terrain doit, selon lui, être intégrée dès la phase de préparation du Gamou.
Il propose ainsi que la mairie, les délégués de quartier, COSKAS et les représentants de la famille religieuse travaillent ensemble, après les réunions préparatoires, afin d’identifier les besoins de chaque quartier et de mieux répartir les moyens disponibles.
« Les agents chargés de mettre en œuvre les services doivent planifier leur descente dans les quartiers avec nous. Nous devons être impliqués dans l’organisation de la fourniture de ces services », insiste-t-il.
Cette implication permettrait notamment de mieux orienter les interventions de SEN’EAU pour l’approvisionnement en eau, de la SENELEC pour l’éclairage et de l’ONAS pour l’assainissement.
Anticiper plutôt que gérer les urgences
Le délégué du quartier Sokhna Astou Kane estime que les difficultés rencontrées lors du Gamou 2026 montrent les limites d’une préparation insuffisamment coordonnée.
La pénurie d’eau, qui aurait duré jusqu’à 96 heures dans certains quartiers, a fortement affecté les populations et les pèlerins. Pour Abdou Fall, la croissance de Tivaouane et l’affluence du Gamou doivent désormais conduire à une anticipation plus rigoureuse des besoins.
Il demande ainsi que les autorités évaluent les besoins en eau plusieurs jours avant et après le Mawloud et mobilisent suffisamment de moyens pour éviter que les populations ne se retrouvent dans une situation aussi difficile.
Un comité de suivi et d’évaluation
Abdou Fall souhaite également qu’un dispositif permanent permette de suivre les engagements pris par les différents services techniques.
Après le Gamou, une rencontre réunissant les mêmes acteurs devrait, selon lui, permettre de dresser un bilan précis des insuffisances constatées.
« Il faut faire une évaluation objective de ce qui s’est passé pendant le Gamou, établir un rapport et le transmettre aux autorités compétentes afin que les failles soient corrigées pour l’année prochaine », propose-t-il.
Pour le délégué de Sokhna Astou Kane, cette nouvelle méthode permettrait de passer d’une gestion essentiellement ponctuelle des urgences à une véritable planification participative, dans laquelle les quartiers deviennent des acteurs à part entière de la préparation du Gamou.
Au-delà des critiques, Abdou Fall veut donc faire de l’expérience du Gamou 2026 une occasion de revoir l’organisation et de placer les délégués de quartier au cœur du dispositif préparatoire.
Assane Diop