Affaire AEE Power : les avocats de Bachir Saïdou Kane dénoncent une “campagne de dénigrement” et dévoilent leur version des faits
Face à la multiplication des accusations dans l’espace public, les avocats de M. Bachir Saïdou Kane ont tenu une conférence de presse pour rétablir, selon eux, la vérité sur un différend lié à un vaste projet d’électrification rurale au Sénégal, impliquant des partenaires espagnols.
Une prise de parole pour “éclairer l’opinion”
D’entrée, la défense de M. Bachir Saïdou Kane a dénoncé une série de déclarations jugées « approximatives » et parfois « calomnieuses » à l’encontre de leur client, mais aussi des entités AEE Power Sénégal, Passant et Intermaq.
Selon les avocats, cette sortie médiatique vise avant tout à rétablir les faits dans un dossier qu’ils estiment déformé dans le débat public, tout en rappelant que le contentieux suit son cours devant les juridictions compétentes.
Un projet structurant d’électrification rurale
Au cœur du litige figure un ambitieux projet d’électrification rurale initié par M. Kane.
Les conseils rappellent que ce programme concernait initialement 928 localités, avant d’être étendu à 1600 localités à travers plusieurs régions du Sénégal, notamment Kaffrine, Louga, Saint-Louis, Tambacounda et Kédougou.
Ils soutiennent que leur client a joué un rôle central dans :
la conception globale du projet,
la structuration technique et financière,
la coordination avec les autorités administratives,
et la mobilisation des partenaires financiers internationaux.
Un partenariat international encadré
Les avocats ont détaillé le cadre contractuel liant les parties, évoquant :
un protocole d’entente signé en novembre 2023,
un accord tripartite impliquant notamment l’ASER et une société espagnole,
ainsi qu’un contrat opérationnel définissant la répartition des rôles.
Dans ce dispositif, AEE Power Sénégal devait assurer environ 60 % des travaux, ce qui, selon la défense, confirme son rôle central dans l’exécution du projet.
Le point de rupture : un différend financier
Le conflit serait né autour du décaissement d’une avance de démarrage estimée à 40 % du coût global du projet (évalué à 140 millions d’euros).
D’après les avocats :
une partie des fonds aurait été versée via l’ASER,
transférée à la société espagnole,
mais non reversée intégralement à AEE Power Sénégal.
Ils affirment qu’après réception des fonds, le partenaire espagnol aurait progressivement cessé toute collaboration, entraînant une mise en demeure en juin 2024.
Accusations de rupture abusive et de dénigrement
La défense dénonce une résiliation unilatérale du partenariat par la partie espagnole, suivie d’une campagne médiatique visant directement M. Kane.
Les avocats parlent :
d’une rupture brutale des engagements contractuels,
d’une stratégie de pression juridique et médiatique,
et d’une volonté de discréditer leur client.
Cap sur la justice
En conclusion, les avocats se veulent fermes :
le dossier sera tranché devant les juridictions compétentes, où ils entendent faire valoir les droits de leur client et établir les responsabilités de chaque partie.

Assane Diop