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Ousmane Sow renaît au MCN : mémoire, justice culturelle et ambitions d’État au cœur d’une exposition historique

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À Dakar, le Musée des Civilisations Noires accueille l’exposition « Ousmane Sow, intemporel », une rétrospective majeure qui réhabilite l’un des plus grands sculpteurs africains. Entre émotion, plaidoyer et engagement politique, Marina Sow, Mouhamed Abdallah Ly et le ministre Amadou Ba ont livré des discours forts, révélateurs d’un tournant pour le secteur culturel sénégalais.

 

C’est un moment à la fois solennel et chargé d’histoire qui s’est déroulé au Musée des Civilisations Noires avec l’ouverture de l’exposition « Ousmane Sow, intemporel ». Une rétrospective attendue depuis des décennies, qui vient réparer ce que beaucoup considéraient comme une anomalie : l’absence prolongée de l’œuvre du maître sénégalais sur son propre sol.

Mouhamed Abdallah Ly : “Réancrer Ousmane Sow dans sa terre”

Dans son allocution, le Directeur général du MCN, Mouhamed Abdallah Ly, a insisté sur la portée symbolique et patrimoniale de cette exposition. Il a rappelé que l’œuvre d’Ousmane Sow, profondément enracinée dans les réalités africaines, devait retrouver sa place au Sénégal, après avoir conquis les plus grandes scènes internationales.
Selon lui, cette initiative s’inscrit dans une dynamique de restitution culturelle et de valorisation du patrimoine artistique national. Il a également souligné le travail de conservation et de restauration des œuvres, transférées depuis la maison de l’artiste à Yoff vers les réserves du musée dans un contexte de menaces environnementales.
Pour le DG du MCN, cette exposition est aussi une invitation aux jeunes générations à redécouvrir un génie qui a su allier mémoire, identité et universalité dans son art.

Marina Sow : un plaidoyer vibrant pour les artistes

Prenant la parole avec émotion, Marina Sow a livré un témoignage poignant, à la fois intime et engagé. Évoquant l’héritage de son père, elle a salué l’initiative du musée tout en lançant un appel fort aux autorités.

Son plaidoyer a été clair : il est impératif de reconsidérer la place des acteurs culturels dans la société sénégalaise. Elle a insisté sur la nécessité pour les artistes de pouvoir vivre dignement de leur art, dénonçant les difficultés structurelles et le manque de reconnaissance dont ils sont souvent victimes.

Au-delà de l’hommage, son intervention a ainsi posé les bases d’un débat plus large sur le statut de l’artiste au Sénégal, entre précarité et nécessité de valorisation.
Amadou Ba : la réponse de l’État et les ambitions nationales

En réponse à ce plaidoyer, le ministre de la Culture, Amadou Ba, a tenu à rassurer les acteurs culturels. Il a inscrit cette exposition dans une vision globale portée par le Président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko.

Le ministre a évoqué des ambitions fortes pour le secteur culturel, considéré désormais comme un levier stratégique de développement économique et de rayonnement international. Il a annoncé une volonté politique de structurer davantage les industries culturelles et créatives, de renforcer les mécanismes de financement et d’améliorer les conditions de vie des artistes.

Selon lui, l’État entend faire de la culture un pilier central du projet national, en phase avec les aspirations de souveraineté culturelle et de valorisation des talents locaux.
Une exposition entre mémoire et transmission.

L’exposition « Ousmane Sow, intemporel » propose une immersion exceptionnelle dans l’univers du sculpteur, avec près d’une cinquantaine d’œuvres couvrant ses grandes séries : Nouba, Masaï, Zoulou, Peulh ou encore Little Bighorn.

Elle met en lumière la puissance expressive de son travail, son rapport au corps, à l’histoire et à l’humanité. Mais au-delà de la dimension artistique, elle constitue un acte de mémoire et de réparation.

Un tournant pour la politique culturelle sénégalaise ?

Entre hommage, revendication et engagement politique, cette cérémonie d’ouverture dépasse le simple cadre artistique. Elle marque un moment charnière où se croisent mémoire patrimoniale et ambitions contemporaines.

La voix de Marina Sow, le positionnement du MCN et les engagements du ministre traduisent une prise de conscience collective : celle de la nécessité de replacer l’artiste au cœur du développement national.

Ousmane Sow renaît au MCN
Reste désormais à traduire ces promesses en actions concrètes, pour que l’héritage d’Ousmane Sow ne soit pas seulement célébré, mais qu’il inspire durablement une nouvelle ère pour la culture au Sénégal.

 

Assane Diop

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