Carmen Neto dos Santos à Dakar : l’Angola plaide pour une pêche durable et innovante au colloque international de l’IARPA.
La ministre angolaise de la Pêche et des Ressources marines, Carmen Neto dos Santos, a pris part ce mercredi à Dakar au Colloque international de l’innovation et du développement durable organisé par l’IARPA. Elle y a livré une réflexion stratégique sur l’avenir de la pêche en Angola, les défis du secteur et les orientations majeures attendues de cette rencontre internationale.
Une présence angolaise de haut niveau à Dakar
Invitée d’honneur du colloque, la ministre Carmen Neto dos Santos a marqué la séance plénière par un discours clair, ferme et fortement axé sur les enjeux contemporains de l’économie bleue.
Elle a rappelé que la pêche représente un secteur vital pour l’Angola, tant sur le plan social qu’économique, fournissant des milliers d’emplois directs et indirects et contribuant de manière significative à la sécurité alimentaire.
« Notre présence ici témoigne de notre volonté de partager, d’apprendre et de renforcer les ponts de coopération autour d’une pêche durable, innovante et résiliente », a-t-elle déclaré devant un parterre de chercheurs, décideurs publics, experts internationaux et acteurs de la société civile.
L’innovation comme moteur de transformation du secteur
Dans son intervention, la ministre a longuement insisté sur la nécessité de moderniser les techniques de pêche et d’investir dans les technologies maritimes afin de garantir une exploitation optimale des ressources halieutiques.
Parmi les axes clés évoqués :
Renforcement de la surveillance maritime grâce aux outils numériques et aux systèmes de suivi des navires afin de lutter contre la pêche illicite.
Valorisation des ressources locales à travers des chaînes de transformation performantes, génératrices d’emplois et de valeur ajoutée.
Recherche scientifique accrue pour mieux comprendre l’évolution des stocks et préserver les écosystèmes marins.
Formation et professionnalisation des acteurs du secteur, notamment les jeunes et les femmes.
Elle a souligné que l’innovation n’est pas un luxe pour l’Afrique : « C’est une nécessité absolue si nous voulons protéger nos mers, renforcer notre souveraineté et assurer à nos populations une exploitation durable et équitable des ressources marines ».
L’Angola vers une gouvernance durable de la pêche
Carmen Neto dos Santos a également mis l’accent sur les réformes en cours dans son pays, notamment :
La révision du cadre réglementaire pour une gestion responsable des zones de pêche.
La promulgation de lois renforçant la transparence et la traçabilité des produits de la mer.
L’extension des aires marines protégées pour préserver la biodiversité.
L’encouragement de partenariats public-privé pour moderniser les infrastructures portuaires et de transformation.
Elle a affirmé que l’Angola s’inscrit pleinement dans les objectifs continentaux liés à la durabilité, notamment ceux de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.
Des orientations fortes attendues du colloque
La ministre angolaise a exprimé de grandes attentes vis-à-vis de cette rencontre internationale. Elle espère que le colloque permettra :
D’identifier des solutions concrètes pour renforcer la gouvernance des pêches en Afrique.
De favoriser des alliances scientifiques entre pays africains et institutions internationales.
D’aboutir à des recommandations partagées, applicables aussi bien en Angola que dans les autres États côtiers.
De soutenir l’émergence d’un réseau africain de l’innovation maritime, porté par des experts, universitaires et institutions spécialisées.
Pour elle, Dakar constitue un moment charnière :
« Nous repartons avec la conviction que les défis de la pêche africaine sont communs et que c’est ensemble, par l’innovation et la solidarité des nations, que nous construirons un avenir maritime durable ».
Assane Diop