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‎Taxe foncière au Sénégal : Dr. Seydina Oumar Seye parle de gisement dormant à la révolution numérique.

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‎Le Sénégal traverse une séquence budgétaire critique. Avec une dette publique réévaluée à 132 % du PIB fin 2024, le pays est devenu l’un des plus endettés d’Afrique. La pression fiscale, autour de 20 % du PIB, reste inférieure aux standards des économies émergentes, mais toute hausse brutale des taux serait contre-productive.

L’alternative stratégique réside ailleurs : dans un gisement fiscal massif, identifié mais sous-exploité à savoir, la fiscalité foncière et dans le levier transformateur de l’interopérabilité des systèmes d’information de l’État. C’est la thèse que défend cet article, chiffres et benchmarks à l’appui(Dr. Seye, 2026). Un potentiel foncier estimé à 1,5 % du PIB, mais une réalité à 0,4 %. ‎Selon Dr. Oumar Seye, la fiscalité foncière sénégalaise est structurellement sous-performante car les taxes foncières ne représentent que 0,4 % du PIB, alors que le FMI estime leur potentiel à 2 % du PIB. Autrement dit, l’État laisse filer chaque année l’équivalent de plus de 1,5 point de PIB en recettes non recouvrées in fine, un montant comparable aux revenus attendus du secteur pétrolier sénégalais a-t-il constaté.‎ De plus le contraste avec les pays de l’OCDE est saisissant car actuellement au Sénégal , la fiscalité foncière y représente en moyenne 9 % des recettes fiscales totales, contre seulement 2 %. Sur les 1,8 million de propriétés que compte le Sénégal, seules 60 000 s’acquittent effectivement de la taxe foncière.

Dans la commune de Dakar, le taux d’enregistrement des propriétés plafonne à environ 16 % et le taux de conformité fiscale c’est-à-dire la proportion de propriétaires enregistrés qui paient effectivement est encore plus faible, autour de 12 %. Une des principales conséquence invoquée par les contribuables, car ces derniers déclarent soit ignorer qu’ils doivent payer, soit ne jamais recevoir d’avis d’imposition.

‎‎Conscient de l’ampleur du gisement, l’État a lancé en novembre 2021 le Recensement national des Propriétés Immobilières (RNPI). Les résultats de la phase pilote pour le département de Dakar, finalisés en mars 2024, sont éloquents : 153 831 propriétaires identifiés, dont 117 591 éligibles à la contribution foncière des propriétés bâties, pour un potentiel fiscal de 25,09 milliards FCFA. À l’échelle nationale, plus de 200 000 propriétés ont été enregistrées à la mi-2024, soit une multiplication par quatre par rapport à la base de données initiale de la DGID. Des chiffres démontrent que le gisement est réel et accessible. L’enjeu n’est donc pas l’absence de matière imposable, mais l’incapacité du système actuel à l’appréhender de manière exhaustive et efficiente.

Actuellement , le Sénégal a franchi une étape décisive en matière d’identité numérique. La signature d’un protocole d’interopérabilité entre l’Agence nationale de l’État civil (ANEC) et la Direction de l’Automatisation du Fichier (DAF) vise à interconnecter les données d’état civil et d’identité numérique. À ce jour, 20 millions d’actes d’état civil ont été numérisés et plus de 10 millions de citoyens enrôlés biométriquement, avec un Registre national de l’état civil désormais opérationnel.‎Le Sénégal ne peut pas se permettre une augmentation brutale des taux de la contribution foncière. Le taux actuel de la CFPB est de 5 % de la valeur locative annuelle, ce qui est déjà significatif. Une hausse supplémentaire risquerait de décourager l’investissement immobilier, de stimuler l’évasion fiscale et de nourrir un climat de défiance entre l’administration et les contribuables; un scénario que le Dr Souleymane Astou Diagne a qualifié de « pression fiscale démesurée, utilisée comme un instrument de coercition plutôt que de relance ».

‎Juste retenir que la loi de finances 2026 s’inscrit dans cette logique et prévoit ainsi une régularisation foncière massive générant 100 milliards FCFA, contre 25 milliards pour la taxation des jeux de hasard. Les droits d’enregistrement et taxes assimilées sont projetés à 238,30 milliards FCFA contre 146,56 milliards en 2025, soit une augmentation de 62 %. La réforme du Code général des impôts, articulée autour de six axes, prévoit notamment la mise à jour du cadastre, l’identification fiable des propriétaires et la numérisation des archives à travers le Système de Gestion du Foncier.

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