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SIEPA 2026 : Dakar au cœur des ambitions énergétiques africaines et des partenariats stratégiques

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À l’ouverture de la 23e édition du Salon international de l’énergie et du pétrole en Afrique (SIEPA 2026), autorités sénégalaises, experts africains et partenaires italiens ont plaidé pour une exploitation responsable des ressources extractives au service de la souveraineté énergétique, de l’industrialisation et du développement durable du continent. Entre transition énergétique, gouvernance des ressources naturelles et coopération internationale, Dakar s’impose pendant deux jours comme une plateforme majeure de réflexion sur l’avenir énergétique de l’Afrique.

La capitale sénégalaise accueille la 23e édition du Salon international de l’énergie et du pétrole en Afrique (SIEPA 2026), un rendez-vous stratégique qui réunit décideurs publics, industriels, experts, investisseurs et partenaires internationaux autour du thème : « Industries extractives : enjeux et perspectives ».

Dès l’ouverture officielle, les différentes interventions ont mis en lumière les défis majeurs auxquels fait face le continent africain : accès universel à l’énergie, transition énergétique, gouvernance des ressources naturelles, industrialisation locale et coopération internationale.

Mouhamed Seck : « Les ressources extractives doivent devenir un moteur de croissance inclusive »
Prenant la parole en ouverture, Mouhamed Seck, président de l’ASDEA et organisateur du salon, a insisté sur la nécessité pour l’Afrique de transformer ses immenses richesses naturelles en véritable levier de prospérité durable.

Selon lui, les ressources pétrolières, gazières et minières ne doivent plus être considérées uniquement comme des produits d’exportation, mais comme des instruments de transformation structurelle capables de générer des emplois, favoriser le transfert de compétences et renforcer l’intégration régionale.

« Les ressources extractives doivent devenir des bases d’industrialisation, de création d’emplois et de valorisation locale », a-t-il soutenu devant un parterre d’acteurs du secteur énergétique.

Le président de l’ASDEA a également appelé à une gouvernance plus transparente des ressources naturelles, à un meilleur financement des infrastructures énergétiques et à une montée en puissance des compétences africaines dans les métiers de l’énergie.

Dans un moment d’émotion, il a rendu hommage à plusieurs figures disparues du secteur, saluant notamment leur engagement pour le développement énergétique du Sénégal et de l’Afrique.

Jean-Pierre Favennec : « L’Afrique ne doit pas freiner sa consommation énergétique »

Le président de l’ADEA, Jean-Pierre Favennec, a quant à lui dressé un tableau global des enjeux énergétiques mondiaux, marqué selon lui par trois grandes réalités :

l’augmentation continue de la consommation énergétique, les défis de la transition énergétique et les tensions géopolitiques internationales.

Il a rappelé que l’Afrique ne représente qu’environ 3 % des émissions mondiales de CO₂, estimant que le continent ne peut être privé des ressources fossiles nécessaires à son développement économique.

« L’Afrique dispose de ressources pétrolières et gazières indispensables à son développement », a-t-il affirmé, plaidant pour une utilisation intelligente et progressive des énergies fossiles parallèlement au développement des énergies renouvelables.

Jean-Pierre Favennec a également évoqué les conséquences des tensions internationales sur les chaînes d’approvisionnement énergétiques mondiales, appelant les États africains à renforcer leur résilience énergétique.

Revenant sur l’histoire du SIEPA, il a rappelé que la première édition remonte à 2002, tout en exprimant le souhait de célébrer le quart de siècle du salon lors des prochaines éditions.

L’Italie, pays invité d’honneur, renforce sa coopération énergétique avec le Sénégal

La présence de l’Italie comme pays invité d’honneur a constitué l’un des temps forts de cette édition.

Le président de la Chambre de commerce italienne au Sénégal et en Afrique de l’Ouest, Félix Maria Marina, a souligné l’importance stratégique de la coopération énergétique entre l’Italie et l’Afrique.

Il a plaidé pour une exploitation des ressources naturelles centrée sur les intérêts des populations africaines, insistant sur l’importance du capital humain, du transfert technologique et des partenariats équilibrés.

Selon lui, la transition énergétique représente une opportunité historique pour l’Afrique de concilier développement économique et protection de l’environnement.
Le représentant de la délégation italienne, Germinot Alexandre, a pour sa part mis en avant le savoir-faire industriel italien dans les secteurs du pétrole et du gaz, notamment dans les technologies d’ingénierie, d’équipements industriels et de solutions techniques.

Il a révélé que l’Italie compte près de 140 entreprises spécialisées dans les vannes industrielles pour le secteur pétrolier et gazier, avec un chiffre d’affaires estimé à 3,4 milliards d’euros en 2025.

Selon lui, les entreprises italiennes souhaitent désormais renforcer leur présence au Sénégal à travers des partenariats gagnant-gagnant et des investissements durables.
Cheikh Niane : « Le Sénégal veut faire de ses ressources un levier de transformation économique »

Représentant le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, le secrétaire général du ministère, Cheikh Niane, a rappelé que cette 23e édition intervient dans un contexte stratégique marqué par l’entrée du Sénégal dans le cercle des pays producteurs de pétrole et de gaz.

Il a notamment évoqué la mise en production du champ pétrolier de Sangomar ainsi que le projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA), qualifiés d’étapes historiques dans le développement énergétique national.

Pour les autorités sénégalaises, l’enjeu dépasse largement les recettes financières.

« Nos ressources naturelles doivent constituer un levier de transformation structurelle de notre économie », a déclaré Cheikh Niane.

Le secrétaire général a insisté sur la volonté du Sénégal de bâtir une industrie énergétique capable de soutenir durablement la croissance économique, de renforcer le tissu industriel national et de favoriser la création d’emplois pour les jeunes.

Il a également mis en avant la stratégie sénégalaise basée sur un mix énergétique équilibré, associant gaz naturel, solaire, éolien et biomasse, dans le cadre du référentiel Sénégal 2050.

Le SIEPA, plateforme africaine de dialogue énergétique

Au-delà des discours institutionnels, le SIEPA 2026 se veut une véritable plateforme d’échanges autour des grandes problématiques énergétiques du continent : financement des infrastructures, contenu local, exploitation pétrolière et gazière, transition énergétique, formation des ressources humaines et coopération régionale.

Pendant deux jours, experts, industriels et décideurs vont débattre des stratégies à mettre en œuvre pour faire des ressources extractives africaines un véritable moteur de souveraineté économique et de développement durable.

À travers cette 23e édition, Dakar confirme ainsi sa position de carrefour incontournable des discussions énergétiques africaines, dans un contexte où les questions de sécurité énergétique et de valorisation des ressources naturelles occupent une place centrale dans les politiques publiques du continent.

 

Assane Diop

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