Rugby féminin au Sénégal : sous l’impulsion de Me Guédél Ndiaye, la Fédération mise sur la formation des jeunes filles
À l’occasion d’un festival sportif ayant réuni 200 jeunes filles venues de cinq régions du Sénégal, la Fédération sénégalaise de rugby, dirigée par son président Me Guédél Ndiaye, entend renforcer sa politique de développement de la discipline, particulièrement dans sa catégorie féminine. Le secrétaire général, Omar Diagne, revient sur les ambitions du programme, les perspectives de formation, les difficultés liées aux infrastructures et la nécessité d’un accompagnement accru des autorités pour installer durablement le rugby dans le paysage sportif national.
Le rugby féminin sénégalais veut franchir un nouveau cap. Sous la présidence de Me Guédél Ndiaye, la Fédération sénégalaise de rugby poursuit ses efforts pour promouvoir cette discipline et élargir sa pratique à l’ensemble du territoire national. Le festival organisé autour de 200 jeunes filles issues de cinq régions du pays, notamment Saint-Louis, la Casamance et Dakar, constitue une nouvelle étape dans cette dynamique de développement et de détection des talents.
Pour le secrétaire général de la Fédération, Omar Diagne, cette initiative représente une occasion importante de faire découvrir le rugby à de nouvelles générations, tout en identifiant les jeunes joueuses susceptibles de défendre les couleurs du Sénégal dans les compétitions nationales et internationales.
Dans son intervention, Omar Diagne a expliqué que cette activité s’inscrit dans le cadre du programme de développement soutenu par des partenaires, notamment à travers le projet Cap Rugby, financé avec l’appui d’Expertise France et de l’Agence française de développement (AFD). Lancé en 2023, ce programme a permis la formation de 30 acteurs sénégalais dans différents domaines du rugby, notamment l’arbitrage, l’encadrement technique, l’entraînement et l’administration.
Dans la continuité de cette première phase, plusieurs bénéficiaires ont également eu l’opportunité de participer à une formation complémentaire en Côte d’Ivoire. La présence des responsables et experts du programme au Sénégal s’inscrit ainsi dans une dynamique de suivi et de consolidation des acquis. D’autres sessions sont prévues, notamment des séances pratiques d’entraînement dirigées par les encadreurs sénégalais sous la supervision d’experts français.

Une stratégie axée sur la formation à la base
Pour Omar Diagne, l’avenir du rugby sénégalais passe nécessairement par un investissement dans les jeunes générations. La Fédération, sous la conduite de Me Guédél Ndiaye, entend particulièrement miser sur les catégories d’âge, notamment les filles de 10, 12 et 14 ans, afin de constituer progressivement un vivier de joueuses capables d’évoluer vers les catégories supérieures.
Cette stratégie vise à renforcer la pratique dans les différentes régions du pays, tout en consolidant les activités à Dakar. Le secrétaire général a notamment insisté sur le potentiel de la Casamance, considérée comme une zone disposant de réelles possibilités de développement pour cette discipline.
L’ambition est claire : maintenir les jeunes filles déjà formées, attirer de nouveaux talents et construire, dans un horizon de deux à trois ans, une équipe féminine suffisamment compétitive pour défendre les couleurs nationales sur la scène internationale.
Cette perspective pourrait également permettre au Sénégal de mieux préparer les prochaines échéances sportives, notamment les Jeux de la Francophonie prévus en 2031, que le pays ambitionne d’accueillir.
Le défi des infrastructures, un obstacle majeur
Malgré ces perspectives encourageantes, le développement du rugby reste confronté à plusieurs difficultés, particulièrement en matière d’infrastructures sportives. Omar Diagne a rappelé que la Fédération ne dispose pas encore de terrains adaptés à ses besoins et doit régulièrement composer avec les espaces initialement aménagés pour le football.
Face à cette situation, il a lancé un appel aux autorités publiques pour un accompagnement plus soutenu, notamment à travers la mise à disposition d’espaces dédiés à la pratique du rugby.
Le secrétaire général a également souligné l’importance de préserver les acquis des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026, en plaidant pour une meilleure valorisation des infrastructures sportives réalisées dans ce cadre. Selon lui, ces équipements pourraient contribuer à donner un nouvel élan au rugby sénégalais, à condition que les besoins spécifiques de cette discipline soient pris en compte.
Il a, par ailleurs, invité les médias à jouer pleinement leur rôle dans la vulgarisation du rugby afin de le rendre plus visible et plus attractif auprès des populations, particulièrement des jeunes.
Le rugby, un outil d’éducation et de développement personnel
Au-delà de la compétition et de la performance sportive, la Fédération sénégalaise de rugby entend faire de cette initiative un véritable cadre d’éducation et de sensibilisation. Les activités organisées durant le festival comprennent ainsi des ateliers consacrés à la protection des jeunes filles, à la confiance en soi, à l’inclusion et aux comportements à adopter face aux situations potentiellement dangereuses.
Pour Omar Diagne, le rugby ne doit pas être considéré uniquement comme une discipline sportive. Il constitue également une école de vie qui transmet des valeurs essentielles telles que la solidarité, le respect, la discipline, le courage, l’esprit d’équipe et le dépassement de soi.
À travers cette approche, la Fédération souhaite contribuer à l’épanouissement et au développement personnel des jeunes filles, tout en leur offrant un environnement favorable à leur autonomisation.
En définitive, cette mobilisation de 200 jeunes filles traduit une volonté de faire du rugby un sport davantage accessible, visible et pratiqué sur l’ensemble du territoire national. Sous la présidence de Me Guédél Ndiaye, la Fédération entend poursuivre cette dynamique en consolidant les acquis, en renforçant la formation et en mobilisant davantage les partenaires publics et privés.
Le pari est désormais de transformer cet engouement en résultats durables et de construire, à partir de la base, un rugby féminin sénégalais ambitieux, structuré et capable de porter haut les couleurs du pays.
Assane Diop