L’adoption par l’Assemblée nationale d’un nouvel organe de régulation des médias est l’un des sujets au menu de la livraison de mercredi de la presse quotidienne.
Le Conseil national de régulation des médias (CNRM) a été adopté mardi à la majorité des députés, à l’initiative du ministre de la Communication, du Numérique et des Télécommunications, Alioune Sall.
Le nouvel organe de régulation “voit ses compétences élargies à l’ensemble des médias classiques et numériques, ainsi qu’aux créateurs de contenus”, explique Le Soleil. WalfQuotidien ajoute, citant le ministre de la Communication, que “l’expertise dans le futur Conseil de régulation des médias (CNRM) pourrait aider à avoir un modèle économique viable pour la presse”.
Le nouvel organe de régulation résulte d’un “choix de société pour un espace public ordonné, responsable, protecteur, où la libéré d’expression s’exerce dans le respect des droits fondamentaux, de la dignité humaine, de la cohésion sociale”, écrit Vox Populi en reprenant des propos du ministre de tutelle.
Mais malgré ces assurances d’Alioune Sall, relève Le Soleil, le Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (CDEPS) voit dans le nouvel organe de régulation “une menace directe sur l’indépendance des médias”.
Le CDEPS exprime à ce sujet “une inquiétude profonde”, renchérit Libération, selon lequel les acteurs du secteur “dénoncent l’absence de concertation réelle […], l’inexistence d’un cadre formel de discussion sur le texte final et le défaut de partage du projet avant son adoption en Conseil des ministres”.
Selon Tribune, le CDEPS “se braque contre les excès du nouveau Conseil de régulation des médias”, le quotidien Yoor-Yoor faisant observer que le CNRM succède au Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA) “sous le feu des critiques”.
Les quotidiens reviennent par ailleurs sur l’affaire Madiambal Diagne et la décision partiellement favorable rendue par la cour d’appel de Versailles, en France, relativement à la demande d’extradition formulée par les autorités sénégalaises à l’encontre du journaliste.
“Versailles autorise la remise de Madiambal pour crimes économiques”, lit-on à la une du quotidien Yoor-Yoor. Le journal, commentant cette décision, estime que la justice française “opère une distinction fatidique entre la mission d’information du journaliste et les dérives reprochées à l’homme d’affaires”.
Madiambal Diagne est poursuivi par la justice sénégalaise pour des infractions présumées d’association de malfaiteurs, d’escroquerie portant sur des deniers publics et de blanchiment de capitaux commis par un groupe criminel organisé et par l’utilisation de facilités que procure l’exercice d’une activité professionnelle.
Il avait été ensuite placé sous contrôle judiciaire le 21 octobre 2025 après que les autorités sénégalaises ont transmis à la France une demande d’extradition, au titre d’un mandat d’arrêt lancé contre lui.
Le journal Le Quotidien signale que malgré cette décision de la cour d’appel de Versailles, l’extradition de Madiambal Diagne est suspendue. Il explique que les avocats du journaliste “annoncent un recours pour casser ‘l’avis partiellement favorable des juges’”.
Sud Quotidien se fait l’écho des précisions du ministre de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères concernant la candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies.
“Le Sénégal, a déclaré Cheikh Niang, n’a pas été associé à cette démarche” portée par le président burundais Évariste Ndayishimiye, actuellement à la tête de l’Union africaine. Pendant ce temps, “Macky [Sall] professe, ses soutiens se mobilisent”, souligne Vox Populi. “Société civile, syndicats et partis écrivent [au président Bassirou Diomaye Faye] pour soutenir Macky [Sall]”, rapporte la même publication.