L’air du Canada semble avoir donné à Lewis Hamilton un ton légèrement malicieux puisque le septuple champion du monde a, sur le ton de la blague, lancé une pique à Jacques Villeneuve en conférence de presse officielle.
Montréal est une destination forcément particulière dans la carrière de Hamilton qui y a signé son tout premier succès en Formule 1 en 2007 et y a remporté un total de sept victoires, record qu’il co-détient avec Michael Schumacher.
Le circuit québécois porte le nom de Gilles Villeneuve, véritable légende canadienne de la F1, qui a écrit une histoire personnelle particulièrement spectaculaire à la fin des années 1970 et au début des années 1980 en déployant sur la piste un style flamboyant, fait d’attaque et de glissades, qui a marqué le public.
Villeneuve, qui fut le vainqueur de la toute première édition du GP du Canada couru sur l’Île Notre-Dame en 1978, a réalisé quasiment toute sa carrière chez Ferrari, remportant au total six victoires en 67 départs et terminant vice-champion du monde 1979, l’année du sacre de son équipier Jody Scheckter.
En 1982, à seulement 32 ans, celui qui avait été surnommé le « Petit Prince » et était immensément apprécié d’Enzo Ferrari, allait perdre la vie dans un accident lors des qualifications du GP de Belgique, mettant un point final tragique à une carrière aussi marquante que météorique.
Il est peu de dire que Gilles Villeneuve a laissé une trace indélébile en F1. Il est l’un de ces rares pilotes non titrés – au même titre que, par exemple, Stirling Moss ou Ronnie Peterson – qui entrent généralement dans un panthéon des grands de la discipline, et chaque retour à Montréal est l’occasion d’en partager le souvenir.
C’est sur ce sujet que, lors de la conférence de presse officielle qui s’est tenue ce jeudi, Lewis Hamilton a été interrogé, plus précisément sur « l’héritage » laissé par Villeneuve et sur un éventuel souvenir marquant qu’il aurait en tête.
Le pilote Ferrari, moins porté sur l’histoire de la F1 que certains de ses homologues, a d’abord reconnu qu’il ne connaissait pas suffisamment la carrière de Gilles Villeneuve pour pouvoir s’exprimer sur le sujet.
« Pour être honnête, je ne connais pas grand-chose à son sujet. Je connaissais évidemment Niki [Lauda], surtout parce que j’ai passé beaucoup de temps avec lui, et bien sûr, j’ai dû apprendre de lui et l’observer quand j’étais plus jeune. »
« Donc, en me documentant sur certains des grands pilotes qui ont couru ici, tout ce que je savais vraiment, c’est qu’il était un excellent pilote. D’après certaines vidéos, il semblait être un pilote très courageux, capable de parfaitement équilibrer la voiture en mouvement, ce qui était assez impressionnant à voir. »
Puis, de nulle part et après un petit temps de pause, Hamilton a lancé avec le sourire : « Et évidemment, bien meilleur que son fils », avant de rigoler de façon claire.
Cette petite pique lancée sur le ton de l’humour à Jacques Villeneuve, lui-même pilote de Formule 1 dans les années 1990-2000 – et même sacré champion du monde avec Williams en 1997 -, s’inscrit toutefois dans un contexte relativement pacifique entre les deux pilotes.
Si, l’an passé, le Canadien a pu s’interroger sur le forme affichée par Hamilton pour sa première année et souligner des résultats en deçà des attentes, ses critiques ont par ailleurs été loin de viser uniquement le Britannique, allant plutôt sur la question plus générale de sa relation avec la Scuderia.
« Ils n’obtiennent pas ce pour quoi ils ont signé », avait déclaré Villeneuve sur Sky Sports à l’occasion du GP des Pays-Bas 2025. « Il y aura donc une certaine frustration des deux côtés – de la part de l’équipe, de la part de Lewis – car il n’a pas la voiture qu’il souhaitait, il a l’impression que l’équipe ne le soutient pas. L’équipe de son côté a l’impression que Lewis n’est pas avec eux. »
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