Le Sénégal face au défi du vieillissement : un premier congrès pour repenser la gériatrie et la gérontologie
Réunis à Dakar à l’occasion du premier congrès de l’Association Sénégalaise de Gériatrie et de Gérontologie, médecins, chercheurs, décideurs publics et partenaires sociaux ont échangé sur les enjeux liés à la transition épidémiologique et démographique en Afrique. Placée sous la présidence du ministre de la Santé, M. Ibrahima Sy, représenté par son Secrétaire général M. Mbaye Thiam, cette rencontre a marqué un tournant dans la reconnaissance de la médecine du vieillissement au Sénégal.
Le Sénégal a franchi une étape majeure dans la prise en charge du vieillissement de sa population avec la tenue, ce week-end à Dakar, du 1er Congrès de l’Association Sénégalaise de Gériatrie et de Gérontologie (ASGG). Placée sous le thème « Transition épidémiologique et démographique en Afrique », cette rencontre scientifique a réuni des experts nationaux et internationaux autour d’une même ambition : anticiper les défis liés au grand âge et promouvoir une politique publique adaptée aux réalités du pays.
Un engagement institutionnel fort
Le congrès s’est ouvert sous la présidence du ministre de la Santé et de l’Action sociale, M. Ibrahima Sy, représenté par son Secrétaire général, M. Mbaye Thiam, qui a salué « l’engagement constant des professionnels de santé dans la promotion d’une médecine humaine, inclusive et adaptée aux besoins des personnes âgées ».
Il a rappelé que le vieillissement de la population sénégalaise est un enjeu de santé publique majeur, nécessitant des structures de soins adaptées, des formations spécialisées et une meilleure coordination entre les acteurs sociaux et médicaux.
Le Pr Mamadou Koumé, un plaidoyer pour une prise en charge intégrée
Le Professeur Mamadou Koumé, président de l’ASGG, a exprimé sa fierté de voir enfin naître une plateforme nationale dédiée à la gériatrie et à la gérontologie.
Dans son discours inaugural, il a souligné que « la gériatrie ne doit plus être perçue comme une médecine de fin de vie, mais comme une discipline d’accompagnement et de prévention ».
Le Pr Koumé a plaidé pour une meilleure intégration de la gériatrie dans les hôpitaux, les curricula universitaires et les politiques sociales, tout en appelant à un renforcement du partenariat entre l’État, l’IPRES et les collectivités locales.
L’appui des institutions sociales
L’IPRES (Institut de Prévoyance Retraite du Sénégal), partenaire privilégié de cette initiative, a été représentée par Mr Ina Adedon, conseiller , au nom de M. Mamadou Racine Sy, président du Conseil d’administration et parrain du congrès.
Dans son allocution, elle a transmis le message de M. Racine Sy, qui a salué « cette rencontre scientifique d’une importance capitale pour les retraités du Sénégal », soulignant le rôle de l’IPRES dans la protection sociale et la dignité des personnes âgées.
Selon lui, « la retraite ne doit pas être synonyme de vulnérabilité, mais une nouvelle étape de contribution à la société ».
La dimension humaine et familiale de la gérontologie.
La marraine de la gérontologie, Pr Thérèse Moreira Diop, ancienne titulaire de la chaire de médecine interne à la Faculté de Médecine de l’UCAD et mère fondatrice de la gériatrie au Sénégal, a été représentée par sa fille Patricia Moreira.
Dans une intervention émouvante, elle a rendu hommage au travail pionnier de sa mère qui, dès les années 1980, « a posé les bases de la prise en charge du grand âge dans les structures hospitalières sénégalaises ».
Elle a encouragé la jeune génération de médecins à « poursuivre cette œuvre avec humanité, rigueur et passion ».
Une vision pour l’avenir
Les échanges au cours du congrès ont permis d’identifier plusieurs axes prioritaires : la formation continue en gériatrie, la création d’unités hospitalières spécialisées, la promotion du vieillissement actif, et le développement d’un cadre législatif et social protecteur.
Les participants ont unanimement reconnu la nécessité d’une synergie entre santé, recherche, action sociale et solidarité intergénérationnelle.
Ce premier congrès marque un tournant historique dans la reconnaissance et la structuration de la gériatrie au Sénégal. Porté par des figures de référence telles que le Pr Mamadou Koumé et le Pr Thérèse Moreira Diop, et soutenu par l’État et l’IPRES, il ouvre la voie à une nouvelle ère de dignité, de soins et de respect pour nos aînés.
Assane Diop







