Le véritable scoop de la déclaration de politique générale n’était peut-être pas dans le discours du Premier ministre. Il était dans le document que Sonko avait déjà lu.
Le Sénégal a conclu un accord au niveau des services du FMI sur un nouveau programme, encore soumis à l’approbation de son Conseil d’administration. Au cœur des négociations : le mémorandum de politique économique et financière, document qui détaille les engagements du gouvernement et qui, à ce stade, n’est pas public.
Et depuis son perchoir, Ousmane Sonko lâche au Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô :
« J’ai pu lire votre mémorandum de bout en bout. Et oui, nous avons des connexions dans le monde entier. »
On a vu le Premier ministre sursauter. Pas besoin de stéthoscope : la phrase venait de faire monter la tension dans l’hémicycle.
Car Sonko ne s’est pas contenté de dire qu’il avait eu vent du document. Il en a détaillé les piliers, de la gestion des finances publiques et de la transparence jusqu’à l’amélioration du système statistique national. Bref, le lecteur semblait avoir eu accès au menu avant même que la cuisine ne soit ouverte.
Et c’est là que l’affaire devient croustillante.
Un mémorandum non encore rendu public, négocié entre l’État et le FMI, censé circuler dans un cercle restreint… et qui finit entre les mains du président de l’Assemblée nationale.
Au Palais, on peut désormais lancer le grand jeu : qui a laissé la porte ouverte ?
Sonko, lui, a déjà donné sa réponse : « Nous avons des connexions partout dans le monde. »
Pourquoi pas ? Il fait partie des personnalités les plus influentes du monde, de plus, après avoir quitté la Primature, il n’a visiblement pas quitté le réseau.
Les Patriotes seraient partout. Surtout là où on ne les voit pas.
Au fond, le plus grand mystère n’est pas que Sonko ait lu le mémorandum. C’est de savoir pourquoi ceux qui l’ont signé avec le FMI pensaient encore pouvoir le garder sous clé.
Le document n’était pas public, mais visiblement le secret, lui, avait déjà changé de propriétaire.
Et pendant que le Palais cherche encore la fuite, Sonko semble déjà avoir le tuyau.
Reste la Loi de Finances Rectificative : après le mémorandum déballé, il faudra bien finir par déballer les comptes. Et là, les tiroirs risquent de sursauter à leur tour.
Malick BA