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La lutte contre les ingérences chinoises dans le monde universitaire, «une priorité politique» selon le Sénat

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Les universités françaises sont victimes de tentatives d’influence étrangères de plus en plus agressives voire « brutales ». C’est le constat alarmant d’un rapport parlementaire publié le 5 octobre par le Sénat dans lequel la Chine, mais également la Russie, la Turquie et certains États du Golfe Persique, sont mentionnés.

Les chercheurs français subissent des pressions et pratiquent l’autocensure pour y échapper, dénonce ce rapport parlementaire. Les instituts de recherches dépendent des moyens financiers venant de pays tiers. Au premier rang de ceux qui tirent les ficelles dans ce jeu qui met en danger l’indépendance de la recherche : la Chine. Selon ce rapport, le pays « est le plus en mesure de conduire une stratégie d’influence globale est systémique ». Le rapporteur André Gattolin appelle de ses vœux un code de conduite et plus de transparence. « Arrêtons d’être naïf », dit-il.

Le document de 240 pages revient sur la « brutalisation des relations internationales », à laquelle la recherche et l’enseignement n’échappent pas. Il décrit des « tentatives d’influence » qui ne se limitent « plus aux questions d’intelligence économique, mais s’étendent aux libertés académiques et à l’intégrité scientifique ».

« Cela va de l’influence culturelle classique, l’enseignement de la langue de la civilisation. Mais bien au-delà en essayant de s’immiscer là où les Chinois sont présents dans les universités à travers les Instituts Confucius pour influer sur le discours, faire en sorte d’empêcher qu’on fasse des colloques, que des chercheurs s’expriment sur la situation des Ouighours dans le Xinjiang, sur le Tibet, sur Taïwan, sur Hong Kong», analyse André Gattolin.  Les Instituts Confucius (IC), présents partout dans le monde. entendent faire rayonner la culture chinoise, en autonomie ou en partenariat avec des universités. Ils sont perçus comme des instruments de propagande, en mesure de menacer la liberté académique de leurs partenaires, voire d’abriter des espions.  Le rapport pointe le dilemme de l’université, par nature ouverte sur le plan intellectuel, mais qui doit désormais adopter une vigilance constante, notamment à l’égard des étudiants étrangers qu’elle accueille.

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« L’autre aspect, c’est l’accès à des informations, à des données protégées de recherche, parfois sur des domaines qui peuvent avoir un usage militaire ou stratégique, détaille le rapporteur. Tous les moyens sont bons : en recrutant, en finançant des laboratoires ou des partenariats, en recrutant des personnalités, en leur faisant miroiter des salaires très importants en Chine. Tous les registres, y compris les pressions. Le fait qu’un responsable diplomatique injurie un chercheur sur la Chine jusqu’à l’interdiction de pouvoir se rendre dans le pays. Donc, quand vous êtes sinologue et que vous n’avez plus de visa, vous changer de métier. Donc, il faut que le contrôle soit permanent. N’attendons pas d’être dans la situation de l’Australie ou même du Royaume-Uni en la matière ».

Les auteurs du rapport recommandent de faire de ce sujet des ingérences étrangères une priorité politique et regrettent qu’il soit « désormais devenu banal de parler des ‘fermes à trolls’ russes ou de cyberattaques venant de la Russie et de la Chine ».

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