Dialogue national à Diamniadio : un sursaut démocratique pour un Sénégal en paix, écouté et rassemblé
Une démocratie à l’œuvre : l’écoute avant l’action.
Dans un contexte marqué par une forte demande de réformes politiques, sociales et économiques, le chef de l’État a rappelé que ce Dialogue est « un acte fondateur d’une gouvernance renouvelée, participative et souveraine ». Il a mis en avant la nécessité de poser ensemble les bases d’un nouveau contrat social fondé sur la paix, la justice, la stabilité et la prospérité.
Sans intervention du Premier ministre, le chef de l’État est resté le seul représentant de l’Exécutif à s’exprimer, donnant ainsi toute sa solennité à l’ouverture des travaux, tout en laissant l’espace aux autres forces vives de s’exprimer.
Des voix diverses, une volonté commune : interventions marquantes. La journée a été marquée par une série d’interventions fortes de personnalités issues de l’opposition, de la société civile, du monde syndical, culturel et religieux.
Nafissatou Diallo (PDS)
Prenant la parole au nom du Parti Démocratique Sénégalais (PDS), Nafissatou Diallo a livré un discours vigoureux, saluant l’initiative présidentielle tout en appelant à « un dialogue sincère et sans exclusion ». Elle a plaidé pour le renforcement de l’État de droit, la protection des libertés individuelles et une démocratie vivante, à l’écoute des préoccupations des populations, en particulier des femmes et des jeunes.
Amadou Ba
L’ancien Premier ministre et candidat malheureux à la présidentielle a appelé à « la lucidité politique, le dépassement des égos », et souligné que le dialogue ne doit pas être une fin en soi, mais un levier de réconciliation nationale et de cohésion sociale durable.
Aly Ngouille Ndiaye
L’ancien ministre et maire de Linguère a, de son côté, insisté sur la nécessité d’une refonte institutionnelle équilibrée, où les pouvoirs seraient mieux répartis, notamment entre l’exécutif et les collectivités territoriales.
Anta Babacar Ngom
La présidente du mouvement Alternative pour une Nouvelle Afrique (ANA) a défendu une vision moderniste et inclusive du Sénégal, en soulignant que les jeunes et les femmes ne peuvent plus être en marge des décisions politiques. Elle a proposé la mise en place d’un mécanisme de suivi citoyen post-dialogue.
Khalifa Ababacar Sall (Taxawu Sénégal)
L’ancien maire de Dakar a rappelé l’importance du pardon et de l’écoute dans la construction nationale.
« Nous avons connu des blessures, mais nous devons choisir de guérir ensemble. Le dialogue est le premier soin. »
Cheikh Diop (CNTS/FC)
Le syndicaliste a mis l’accent sur la justice sociale, la protection des travailleurs et la relance du dialogue social, appelant à la refonte des conventions collectives et au respect des droits syndicaux.
Seydi Gassama (Amnesty International Sénégal)
Son intervention fut très attendue. Il a insisté sur la nécessité de véritables garanties pour les libertés publiques, y compris la libération des détenus d’opinion, et a appelé à l’alignement du système judiciaire sur les standards internationaux des droits humains.
Abdoulaye Mbaye Pékh représentant les communicateurs traditionnels à travers le doyen Mansour MBAYE, dans un discours mêlant profondeur et engagement, il a plaidé pour une culture démocratique plus enracinée, au-delà des institutions, qui favorise la citoyenneté active et la justice sociale. Au demeurant est revenu sur l’importance du pardon dans ce contexte de la part du président de la république.
Alioune Tine (Afrikajom Center)
Le défenseur des droits humains a livré un discours mesuré mais ferme : « Le dialogue est un acte de courage, pas de faiblesse. Il faut que ce processus aboutisse à des résultats concrets, pour que les Sénégalais retrouvent confiance en leurs institutions. »
Ndongo D (Rappeur, Daara J)
Représentant le monde culturel, Ndongo D a pris la parole au nom des artistes et créateurs. « La culture doit être au cœur de la reconstruction nationale. Elle éduque, unit, guérit. Le monde artistique peut et doit contribuer à la paix, à la conscience citoyenne et à la cohésion sociale. »
Une convergence des aspirations pour l’avenir. Les travaux du Dialogue national se poursuivront dans les jours à venir avec des ateliers thématiques consacrés aux questions cruciales de la réforme institutionnelle, du système électoral, de la gouvernance, de la justice, de la décentralisation et de l’économie nationale. Le processus est inclusif et participatif, et l’objectif affiché est d’aboutir à des propositions concrètes pour refonder les bases d’un Sénégal uni, démocratique, pacifique et prospère.
Un signal fort d’unité nationale en plaçant le dialogue au cœur de son projet de gouvernance, le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye envoie un signal fort de maturité politique. La réussite de ce processus dépendra de l’honnêteté des débats, de l’engagement collectif et de la volonté d’aboutir à des réformes profondes et applicables.
« Il ne s’agit pas seulement de parler, mais d’écouter, de comprendre et d’agir ensemble », a conclu le chef de l’État.
A.D