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Covid-19 au Sénégal : La tempête est-elle derrière nous ?

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Comme énoncé précédemment dans un article consacré à l’évolution du coronavirus, entre le 30 juin et le 17 août, le Sénégal a connu sa pire période de pandémie du coronavirus. Au moins 27 000 personnes se sont ajoutés aux cas de covid-19, un record si l’on sait qu’il a fallu onze mois auparavant pour atteindre ce nombre. Le variant Delta qui occupe actuellement 80% des cas positifs est la cause de cette hausse vertigineuse des contaminations. Mais depuis le 28 août dernier, la maladie est dans une phase descendante. Du 28 août au 13 octobre, les services du ministère de la Santé n’ont enregistré que 1 230 cas. Une tendance baissière remarquée dans les décès, puisque de 459 en 47 jours, ils sont retombés à 127 en 45 jours (entre le 28 août et le 13 octobre).

Dans son analyse, le Dr Abdoulaye Dia, spécialiste en épidémiologie confirme cette chute du nombre de nouveaux sujets atteints par le virus. Selon ce spécialiste établi aux États-Unis, le pic des contaminations a été atteint dans la deuxième quinzaine du mois de juillet avec 14 694 cas, soit 864 cas par jour. S’agissant des cas graves et des décès, il renseigne qu’ils ont connu leur heure de gloire pendant la première quinzaine du mois d’août.

Durant cette période, 903 cas graves ont été recensés pour 234 décès. Pendant les deux premières semaines de septembre, il est noté une persistance de ce rapetissement puisque les cas graves sont passés à 367 alors que les décès dénombrés étaient au nombre de 69. Conclusion du scientifique sénégalais: « la troisième vague est derrière nous ».

La célébration du Grand Magal de Touba faisait craindre une résurgence de l’épidémie. Le 26 septembre, la ville sainte de Touba, comme à son accoutumée a accueilli les fidèles venus de toutes les régions du Sénégal et de l’extérieur venus célébrer le départ en exil de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké. Plus de quinze jours après cet événement religieux, les signaux sont toujours au vert. L’unité d’alerte et de prévention épidémiologique du Grand Magal constate que « le cumul des cas incidents de Covid dans la quinzaine du 28 août au 11 septembre est de 907 cas ». Une tendance qui s’est confirmée dans la quinzaine du 12 au 26 septembre, en passant à 292 cas. « Quinze jours après le Magal (du 27 septembre au 11 octobre), ce même cumul régresse davantage et chute à 103 cas positifs », ajoute l’UAPE. Les contaminations enregistrées dans les treize premiers jours d’Octobre n’excèdent pas 66 avec un bilan journalier faisant état d’un seul cas déclaré positif le 12 octobre.

Dans une vidéo postée sur Youtube, le Dr Abdoulaye Dia expliquait cette baisse par trois facteurs : l’immunité collective induite par la vaccination, l’immunité collective naturelle et la prise de conscience individuelle et collective des populations.

Mais compte tenu du relatif impact de la vaccination dans ce recul connu par l’épidémie au Sénégal, le scientifique penche plus pour l’immunité naturelle collective et la prise de conscience individuelle et collective.

Cependant, l’immunité naturelle collective n’est pas un allié à long terme car « on ignore encore la durée de l’immunité naturelle ». « C’est pourquoi, il est recommandé d’être totalement vacciné même si on a eu la Covid-19, en considérant l’infection comme une dose initiale », conseille le spécialiste en épidémiologie.

Le professeur Souleymane Mboup fait le même plaidoyer et demande l’intensification de la campagne de vaccination. Alors qu’il s’était fixé un objectif de vacciner au moins 20% de la population, le Sénégal est loin du compte. A ce jour, 1 275 808 doses ont été administrées. Sur ce nombre, plus de 700 000 ont reçu leurs deux doses. Ce qui veut dire qu’il y a un effort de sensibilisation à faire en faveur de la vaccination contre la Covid-19. C’est d’autant plus nécessaire que les derniers chiffres ont montré que le virus a trouvé un nouveau nid pour continuer sa besogne : les non-vaccinés. D’après le Professeur Moussa Seydi, sur 321 patients admis à Fann, entre mars et août 2021, 299 n’étaient pas vaccinés, soit 93% des malades concernés.

Seulement, pour le moment, ce discours n’accroche pas puisque le rush constaté dans les centres de vaccination lors de la troisième vague n’est plus d’actualité. La preuve: du 28 août au 13 octobre (45 jours), 119 449 doses ont été administrées alors que 592 694 ont été injectées du 30 juin au 17 août (47 jours). Un rythme très timide qui risque d’avoir des incidences sur une éventuelle quatrième vague qui n’est pas à exclure si on se fie au Dr Dia. « Parce que tout simplement la pandémie est encore là. D’autres pays l’ont connu, pourquoi pas ? », argue-t-il non sans inviter les autorités sanitaires à profiter de cette période d’accalmie pour inciter les populations à la vaccination.

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