Le pays a achevé sa transition et réintégré la Cedeao. Un retour à l’ordre constitutionnel qui n’est qu’une étape : le chef de l’État, qui bénéficie d’une large majorité, doit encore concrétiser ses promesses économiques et sociales et répondre aux attentes sur la transparence, la démocratie et les droits humains.
Cinq ans après avoir pris le pouvoir par les armes en Guinée, Mamadi Doumbouya siège désormais parmi ses pairs à la Cedeao, en boubou civil. La transition guinéenne est officiellement achevée.
Le bilan est contrasté. D’un côté, un processus électoral mené à son terme : référendum constitutionnel, élection présidentielle, législatives et communales. Des infrastructures livrées à un rythme soutenu à Conakry. Et un programme de développement ambitieux, adossé aux revenus du gisement de fer de Simandou, entré en production en novembre 2025. De l’autre, une opposition décimée, des manifestations toujours interdites, des opposants en exil ou en prison, et des cas de disparitions non élucidés.
La question que posent désormais les observateurs est simple : le retour à l’ordre constitutionnel sera-t-il suivi d’un retour à la démocratie ?