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« Une si longue lettre » continue de toucher les cœurs : une énième projection riche d’échanges à Dakar

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Ce lundi 7 juillet 2025, une nouvelle projection du film Une si longue lettre d’Angèle Diabang a rassemblé un public nombreux à Dakar. Adaptation cinématographique du roman culte de Mariama Bâ, l’œuvre continue de susciter émotion et réflexion. La réalisatrice et l’actrice principale Amélie Mbaye ont partagé leurs regards sur le processus artistique et les résonances contemporaines de cette œuvre féminine et panafricaine.

C’est dans une salle comble et visiblement touchée que s’est tenue à Dakar la projection du film Une si longue lettre, adaptation cinématographique du célèbre roman épistolaire de Mariama Bâ. Réalisé par Angèle Diabang, ce film était attendu depuis des décennies, tant l’œuvre est emblématique de la littérature africaine et féministe. À l’issue de la projection, la réalisatrice et la comédienne Amélie Mbaye, interprète de Ramatoulaye, ont échangé avec le public dans un moment à la fois intime et politique.

 

Sur le défi de la narration épistolaire :

 

Interrogée sur la manière dont elle a adapté la voix intérieure de Ramatoulaye pour le grand écran, Angèle Diabang a livré une réponse à la fois technique et sensible :

 

« Le roman repose sur une correspondance, un monologue intérieur dense. Il fallait traduire cette richesse en images sans perdre la profondeur du texte. J’ai opté pour une voix off très présente, des silences expressifs, et une mise en scène sobre, presque contemplative, pour faire ressentir l’intériorité de Ramatoulaye. Chaque plan devait porter du sens, comme une phrase écrite. »

 

Sur l’actualisation féministe de l’œuvre :

 

Le film résonne avec une étonnante modernité, notamment dans le contexte actuel des luttes pour les droits des femmes au Sénégal et en Afrique. La réalisatrice a expliqué :

 

« En relisant Mariama Bâ aujourd’hui, j’y ai vu un cri toujours d’actualité. Le combat de Ramatoulaye est celui de nombreuses femmes encore aujourd’hui. J’ai pris quelques libertés : quelques scènes nouvelles, une Ramatoulaye plus frontale parfois, mais toujours dans le respect de l’esprit du texte. C’était ma manière de faire dialoguer Mariama Bâ avec les jeunes générations. »

Sur le choix des actrices et la direction :

 

La distribution du film a également fait l’objet d’une attention particulière. Pour incarner les figures féminines fortes du roman, Angèle Diabang explique :

 

« Je cherchais des femmes qui pouvaient porter l’intensité émotionnelle du récit sans verser dans le mélodrame. Le casting d’Amélie Mbaye pour Ramatoulaye s’est imposé comme une évidence : elle avait cette maturité, cette dignité silencieuse. Pour Aïssatou et les autres, j’ai travaillé sur des regards, des silences, des gestes qui en disent long. Le langage du corps remplace parfois les mots. »

 

Témoignage d’Amélie Mbaye : un rôle mûri depuis trente ans

 

L’émotion était palpable lorsque Amélie Mbaye, actrice chevronnée, a évoqué ce rôle tant attendu :

 

« Jouer Ramatoulaye, c’était comme une promesse que je portais en moi depuis trente ans. Ce personnage me hante depuis que j’ai lu le livre jeune fille. L’interprétation n’a pas été facile. Il fallait contenir la douleur, la dignité, la lucidité… J’ai pleuré seule, plusieurs fois, en préparant certaines scènes. Ce film, c’est un hommage à toutes les femmes silencieuses, courageuses, invisibles. »

 

Une si longue lettre, à travers cette adaptation sensible et puissante, s’impose comme un événement cinématographique majeur, réconciliant mémoire littéraire et urgence sociale. Et surtout, comme le début d’une nouvelle vie d’une œuvre fondatrice.

 

Assane Diop

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