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SALC 2025 : langues africaines, numérique et souveraineté culturelle au cœur des enjeux de paix.

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La troisième édition du Salon Africain des Langues et de la Culture (SALC 2025) s’est tenue au Grand Théâtre National Doudou Ndiaye Coumba Rose de Dakar, réunissant autorités culturelles, intellectuels, universitaires, écrivains et acteurs du numérique autour d’un thème majeur : langues africaines, technologies numériques, souveraineté culturelle et perspectives de paix en Afrique. Une rencontre de haut niveau qui confirme l’ambition du SALC de devenir un espace scientifique, culturel et stratégique incontournable sur le continent.

      

Le Grand Théâtre, nouveau carrefour du savoir et de la réflexion scientifique

Longtemps identifié comme un haut lieu du spectacle et des grandes soirées artistiques, le Grand Théâtre National affirme désormais une nouvelle orientation. Dans son allocution de bienvenue, son représentant a salué un partenariat renforcé avec le SALC, soulignant la volonté de l’institution de rompre avec une vision exclusivement festive pour accueillir davantage de rencontres scientifiques, intellectuelles et culturelles de portée africaine.
« Le Grand Théâtre n’est plus seulement un espace de concerts, mais un lieu de réflexion, de savoir et de dialogue. Accueillir le SALC, c’est contribuer à la promotion du savoir africain et à la souveraineté culturelle », a-t-il déclaré.

Un soutien institutionnel affirmé

Présent au nom de la Ville de Dakar, le représentant du Maire a transmis le message de soutien des autorités municipales, tout en annonçant un engagement plus conséquent pour les prochaines éditions.
« La culture est au centre de ce que nous sommes. Là où les langues dialoguent, la paix devient possible », a-t-il souligné, rappelant que la diversité linguistique et culturelle constitue une richesse et non un obstacle.
Les langues nationales au cœur de la souveraineté culturelle

Intervenant au nom du Ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, le représentant de la Direction du Livre et de la Lecture a replacé le SALC dans la continuité du Forum national sur le livre et la lecture, récemment organisé au Sénégal.

Il a insisté sur le rôle fondamental des langues nationales, patrimoine immatériel précieux, dans :

la transmission du savoir,
la formation du citoyen,
la création artistique,
et le développement durable.

Le numérique, a-t-il précisé, offre aujourd’hui des opportunités majeures : édition numérique, contenus éducatifs multilingues, valorisation des littératures africaines, outils technologiques intégrant les langues nationales. Mais ces avancées doivent être accompagnées d’une réflexion lucide sur la souveraineté numérique, la protection des données culturelles et le soutien aux créateurs locaux.

Numérique, culture et défis contemporains

Au cœur des échanges, une conviction partagée : le numérique transforme profondément la création, la conservation et la diffusion des expressions culturelles africaines. Toutefois, cette mutation pose aussi des défis majeurs :
gouvernance des contenus,
intelligence artificielle,
protection des patrimoines immatériels,

choc des valeurs et nouveaux comportements sociaux.

Le SALC se positionne ainsi comme un espace stratégique de réflexion et de propositions, visant à adapter les technologies numériques aux réalités, valeurs et priorités africaines, dans une perspective de justice, de liberté, de paix et de développement durable.

Hommage à Cheikh Anta Diop : rigueur scientifique et héritage africain

Cette troisième édition rend également un hommage appuyé à Cheikh Anta Diop, figure emblématique de la pensée africaine et universelle. À travers ses travaux, ses conférences et notamment le Colloque du Caire de 1974, il a posé les bases d’une démarche scientifique rigoureuse invitant les Africains à s’armer de savoir, sans complaisance.

« Il ne s’agit pas de répéter Cheikh Anta Diop, mais de prolonger et dépasser son œuvre avec la même exigence scientifique », a rappelé la direction du Salon.
Un message fort adressé à la jeunesse africaine, appelée à construire sa modernité à partir de ses propres références culturelles.

Le SALC, un rendez-vous désormais incontournable
En clôture, Madou Kane, Directeur du Salon Africain des Langues et de la Culture, aux côtés du Président du SALC, Abdoulaye Karél Dieng, a réaffirmé l’ambition du Salon :
« À l’ère de la bataille mondiale des contenus, l’Afrique doit être présente avec ses langues, ses récits, ses valeurs et ses imaginaires. L’humanité a besoin des cultures africaines ».

Le SALC 2025 s’impose ainsi comme un cadre de dialogue, d’innovation et de coopération durable, au service d’une Afrique fière de ses langues, souveraine dans sa culture et engagée pour la paix.

 

Assane Diop

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