Il y a des affaires qui dépassent le cadre d’un marché public. Celle qui oppose l’ ASER à AEE Power Sénégal un véritable test politique.
Le plus troublant, c’est que ce dossier n’est pas traité comme un dossier d’Etat au grand jour. Il circule dans les couloirs, il remonte par courriers.
Les documents que votre journal a consultés, démontrent une gestion administrative intense, une bataille de positions, une inquiétude autour des financements et des décaissements, mais ils ne montrent pas ce que les populations attendent.
L’affaire est d’intérêt national. Elle porte sur l’électrification rurale, une préoccupation sociale majeure, un sujet d’équité territoriale, une problématique de développement. Elle porte aussi sur des avances de démarrage et sur des mécanismes financiers qui engagent la crédibilité de l’Etat, avec un partenaire bancaire étranger, et des garanties dont la seule évocation suffit à déclencher l’inquiétude.
Le silence du Président Diomaye Faye devient alors un symbole. On attend de lui qu’il protège l’intérêt général.
Qu’il mette fin à la confusion et aux alliances changeantes. Qu’il dise clairement si l’Etat, a travers les corps de controle, considère que ce marche est transparent, ou s’il considère qu il doit etre reexamine. Ou il dise clairement si l’avance de démarrage a été utilisée correctement, ou si des zones d’ombre exigent des sanctions. Qu il dise clairement si lelectrification rurale doit continuer à ce rythme, ou si le Sénegal doit revoir la strategie.
Quant à Birame Souleye Diop, ministre de tutelle de TASER, son absence de parole publique est tout aussi frappante. Dans un dossier qui touche à la dépense publique, à la crédibilité d’un programme de son ministère, et à la confiance entre l’État et les partenaires, le silence d’un ministre attendu sur ces questions crée un vide. Ce vide est dangereux. Il laisse la place aux interprétations. Il laisse la place aux soupçons. Il laisse la place à l’idée que l’Etat protège.
(Directnews)