google.com, pub-8963965987249346, DIRECT, f08c47fec0942fa0
Informer juste notre devoir !!!

RND : Héritage, mémoire et fidélité à la pensée de Cheikh Anta Diop

0 10

 

À la veille de la commémoration politique et mémorielle prévue ce mardi 3 février 2026 au Complexe hôtelier Le Ravin, Monsieur Bouna Alboury Ndiaye, Secrétaire général du Rassemblement National Démocratique (RND), a livré une déclaration de rappel historique revenant sur la genèse, les fondements idéologiques et l’héritage politique du parti fondé le 3 février 1976 par feu le professeur Cheikh Anta Diop, tout en annonçant un hommage solennel au professeur Madior Diouf, figure intellectuelle et militante majeure du mouvement.
Aux origines du RND : une rupture politique historique (1976)

Selon Bouna Alboury Ndiaye, la création du RND intervient dans un contexte de domination politique quasi totale, marqué par l’hégémonie du régime du président Léopold Sédar Senghor et par la restriction des libertés démocratiques. Depuis la fusion de la dernière branche du Parti du Regroupement Africain (PRA) en 1966, le pouvoir s’était consolidé autour de l’Union progressiste sénégalaise (UPS), donnant naissance à ce que le régime qualifiait de « partis unifiés des masses sénégalaises ».

Malgré cette toute-puissance, le régime est ébranlé par de fortes contestations sociales et syndicales, notamment les grèves de 1968 et 1969, révélant les limites du socialisme sénégalais, en particulier dans la gestion du monde du travail.

Face à ces crises, Senghor procède à partir de 1970 à des ajustements politiques destinés à préserver les bases du régime néocolonial. L’autorisation, en juin 1974, du Parti démocratique sénégalais (PDS) s’inscrit dans cette logique d’ouverture contrôlée. Toutefois, rappelle le SG du RND, le PDS demeurait un parti de contribution, tandis que de nombreux mouvements politiques clandestins continuaient de réclamer une opposition véritable.

La création du RND : un séisme politique

C’est dans ce contexte que Cheikh Anta Diop, historien, scientifique de renommée mondiale et penseur panafricaniste, reprend le combat politique. Le 3 février 1976, il fonde le Rassemblement National Démocratique, conçu comme un parti de rupture, porteur d’un projet politique fondé sur la souveraineté nationale, la réhabilitation de l’histoire africaine, la justice sociale et la démocratie réelle.

Selon Bouna Alboury Ndiaye, la création du RND a été vécue comme une véritable “bombe politique”, provoquant une réaction immédiate du régime de Senghor, qui refuse la reconnaissance légale du parti et met en place un verrouillage constitutionnel et juridique destiné à empêcher son existence. Plusieurs procès et batailles judiciaires s’ensuivent.

De la clandestinité au multipartisme intégral

Il faudra attendre 1981, après le départ de Senghor et l’arrivée au pouvoir du président Abdou Diouf, pour que le RND obtienne enfin sa reconnaissance officielle, dans le cadre de l’instauration du multipartisme intégral au Sénégal.

Pour le Secrétaire général du RND, la création du RND a ainsi constitué un accélérateur décisif du processus démocratique sénégalais, faisant du parti l’un des principaux artisans de l’élargissement des libertés politiques.

Les signataires et figures fondatrices

Dans sa déclaration, Bouna Alboury Ndiaye a tenu à rappeler que Cheikh Anta Diop n’était pas seul dans ce combat. Il était entouré de patriotes, d’intellectuels et de militants engagés, parmi lesquels :

Maître Babacar Niang, avocat,
le Dr Moustapha Diallo,
Abdoulaye Élimane Kane, professeur de philosophie à l’université,
ainsi que les anciens du Bloc des masses sénégalaises.

À ces figures s’ajoutent de nombreux universitaires, enseignants, syndicalistes et militants panafricanistes qui ont contribué à l’enracinement idéologique et doctrinal du RND, faisant du parti une véritable école de pensée politique, bien au-delà d’une simple formation partisane.

Un hommage solennel au professeur Madior Diouf

L’événement du 3 février 2026 sera également marqué par un hommage appuyé au professeur Madior Diouf, compagnon de lutte de Cheikh Anta Diop, intellectuel engagé et défenseur infatigable de sa pensée.

Selon le SG du RND, Madior Diouf fut un gardien fidèle de l’héritage intellectuel et politique de Cheikh Anta Diop. Enseignant, théoricien et militant, il a consacré sa vie à la transmission du savoir, à la défense des idéaux panafricanistes et à la consolidation du combat démocratique au Sénégal.

Cet hommage se veut à la fois un devoir de mémoire et un acte de fidélité envers une génération de bâtisseurs qui ont payé le prix de leurs convictions.

Une mobilisation intergénérationnelle

Selon Bouna Alboury Ndiaye, la rencontre prévue au Complexe hôtelier Le Ravin réunira :

des personnalités politiques,
des universitaires,
des militants historiques du RND,
ainsi que de jeunes cadres, désireux de s’approprier cet héritage.

Cette mobilisation intergénérationnelle témoigne, selon lui, de la vitalité du RND et de la pertinence actuelle de la pensée de Cheikh Anta Diop.

Entre mémoire et avenir

Pour le Secrétaire général du RND, cette rencontre ne se limite pas à une simple commémoration. Elle s’inscrit dans une dynamique de réactualisation du projet politique du RND, à la lumière des défis contemporains du Sénégal et de l’Afrique.

« Le RND demeure un parti de principes, de savoir et de dignité. Notre responsabilité est de préserver cet héritage, de le transmettre et de le projeter vers l’avenir », a conclu Bouna Alboury Ndiaye.

 

Assane Diop

Leave A Reply

Your email address will not be published.