Ce lundi à Mermoz, la coalition d’opposition Takku Walu a tenu une conférence de presse musclée au siège de l’APR, dénonçant la gestion actuelle du pays tout en critiquant certaines figures de l’opposition radicale. Abdou Mbow et Aïssata Tall Sall ont ciblé sans détour le pouvoir, mais aussi Ousmane Sonko et El Hadji Malick Ndiaye, accusés de dérives populistes et de discours dangereux
Dans une atmosphère tendue, reflet de la situation politique actuelle, la coalition Takku Walu a convoqué la presse ce lundi au siège de l’APR à Mermoz. Une conférence qui a fait voler en éclats les faux semblants d’union dans l’opposition, avec des critiques frontales non seulement dirigées contre le régime en place, mais aussi contre une frange de l’opposition jugée trop radicale.
Abdou Mbow, figure expérimentée de la coalition, a donné le ton d’entrée de jeu : « Le pays est dirigé dans l’opacité, les priorités sont détournées, et les Sénégalais vivent une crise de confiance sans précédent. » Il a dénoncé la gouvernance actuelle, accusée d’inefficacité économique et de manque de lisibilité politique, tout en appelant à une mobilisation des forces démocratiques autour d’une alternative crédible.
Mais c’est surtout l’attaque contre certains leaders de l’opposition dite radicale qui a surpris. « Nous refusons d’être entraînés dans un populisme dangereux et irresponsable. Quand Ousmane Sonko et El Hadji Malick Ndiaye alimentent les divisions et surfent sur la colère, ils fragilisent le pays autant que le régime qu’ils dénoncent », a lancé Aïssata Tall Sall, dans une sortie particulièrement tranchante.
La ministre d’État, aujourd’hui positionnée dans un front d’opposition républicaine, a également appelé à une vigilance démocratique face à ce qu’elle qualifie de « double menace » : celle d’un pouvoir incapable d’assurer les réformes de fond, et celle d’un discours anti-système devenu contre-productif.
Takku Walu, en se démarquant ainsi à la fois du pouvoir et d’une partie de l’opposition, cherche à incarner un troisième pôle politique : celui de la responsabilité, de l’expérience et de la rupture constructive. La coalition entend prochainement entamer une tournée nationale pour expliquer sa vision et convaincre une opinion publique de plus en plus méfiante vis-à-vis des discours extrêmes.
Cette conférence de presse laisse entrevoir une recomposition politique à venir, où Takku Walu se positionne comme une force d’opposition ferme, mais républicaine, refusant la violence verbale comme mode d’expression, et appelant à un débat d’idées solide dans un contexte marqué par la crispation.
ASSANE Diop