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Informer juste notre devoir !!!

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Monsieur le PrĂ©sident de l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale,
Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,
Monsieur le SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’Organisation des Nations Unies,
Mesdames et Messieurs,

De prime Ă  bord, je voudrais m’acquitter de l’agrĂ©able devoir de vous adresser les chaleureuses salutations du peuple malien riche de sa diversitĂ© culturelle, religieuse et ethnique, ainsi que celles de Son Excellence le Colonel Assimi GOITA, PrĂ©sident de la Transition, Chef de l’Etat.

M. le PrĂ©sident votre brillante Ă©lection Ă  la prĂ©sidence de cette 77Ăšme session de l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale et la fin des travaux de la 76Ăšme session de l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale brillamment conduits par votre prĂ©dĂ©cesseur S.E.M. Abdullah SHAHID, de la RĂ©publique des Maldives, m’offrent l’heureuse occasion d’adresser Ă  Vos Excellences les chaleureuses fĂ©licitations de tout le Mali.
Enfin, permettez-moi de rĂ©itĂ©rer Ă  notre SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral, M. AntĂłnio GUTERRES, notre haute apprĂ©ciation des efforts louables qu’il continue de dĂ©ployer pour la rĂ©alisation des nobles objectifs de notre Organisation commune. Nous sommes convaincus que vous ĂȘtes un ami du Mali et du Sahel.

L’amitiĂ© reposant sur la sincĂ©ritĂ©, souffrez que je vous exprime mon profond dĂ©saccord suite Ă  votre rĂ©cente sortie mĂ©diatique, au cours de laquelle vous prenez position et vous vous exprimez sur l’affaire des 46 mercenaires ivoiriens, qui est une affaire bilatĂ©rale et judiciaire, entre deux pays frĂšres. C’est Ă©vident, que la qualification judiciaire des infractions liĂ©es Ă  cette affaire ne relĂšve pas des attributions du SecrĂ©taire GĂ©nĂ©ral des Nations Unies. Au Mali, notre administration ne travaille pas sur la base de l’oralitĂ©, ni des dĂ©clarations par voie de presse, par consĂ©quent, nous nous en tenons scrupuleusement Ă  la Note Verbale de la MINUSMA, rĂ©fĂ©rence : MINUSMA/PROT/NV/226/2022 du 22 Juillet 2022, dans laquelle, il ressort clairement qu’il n’existe pas de liens entre les 46 mercenaires et les Nations Unies. Les rĂ©centes synchronisations des actions et l’harmonisation des Ă©lĂ©ments de langage consistant Ă  faire passer le Mali de statut de victime Ă  celui de coupable dans cette affaire des mercenaires, sont sans effets.

Excellence M. le Secrétaire Général,

Votre position sur l’affaire des mercenaires a Ă©tĂ© suivie par certains responsables d’Afrique de l’Ouest, donc c’est sous votre couvert, que nous leur adresserons des messages.
A l’endroit du PrĂ©sident en exercice de la CEDEAO, M. Umaro Sissoco Embalo qui affirme : « on vient de voir avant-hier, la dĂ©claration du SecrĂ©taire GĂ©nĂ©ral des Nations Unies qui dit que ce ne sont pas des mercenaires. Moi Ă  la place des maliens, j’aurai relĂąchĂ© ces 49 soldats ».
Je voudrais trĂšs respectueusement signifier Ă  ce dernier qu’il existe un principe de subsidiaritĂ©, d’ailleurs aux contours flous, entre la CEDEAO et les Nations Unies et non un principe de mimĂ©tisme. Egalement, il est important de lui prĂ©ciser que le SecrĂ©taire GĂ©nĂ©ral des Nations Unies n’est pas un Chef d’Etat et le PrĂ©sident en

exercice de la CEDEAO n’est pas un fonctionnaire. Par consĂ©quent, il serait indiquĂ© qu’il ne banalise pas la CEDEAO. Enfin, il est utile de rappeler, au PrĂ©sident en exercice de la CEDEAO, qu’au Mali, les autoritĂ©s n’interfĂšrent pas dans les dossiers judiciaires et respectent l’indĂ©pendance de la Justice. Donc, nous n’avons pas vocation Ă  interpeller ou relĂącher, ceci relĂšve de la fonction judiciaire. Aussi, M. Umaro Sissoco Embalo doit ĂȘtre conscient du fait qu’il est le dĂ©positaire d’un lourd hĂ©ritage et de plusieurs sacrifices qui ont fait la renommĂ©e de cette Organisation. La dynamique ayant fait la grandeur de la CEDEAO ne doit pas ĂȘtre brisĂ©e. Par ailleurs, nous avons pris acte de la menace de sanctions profĂ©rĂ©e contre le Mali, et loin d’ĂȘtre impressionnĂ© par des sanctions, je voudrais signaler au PrĂ©sident en exercice de la CEDEAO, qu’à la fin de son mandat, les peuples ouest-africains le jugeront sur les efforts qu’il a fournis pour amĂ©liorer les conditions de vie des populations et non des show mĂ©diatiques servant des agendas Ă©trangers.
A l’endroit de M. Bazoum, il remarquera que le Gouvernement de la Transition n’a pour le moment jamais rĂ©agi Ă  ses propos injurieux pour deux raisons cumulatives. La premiĂšre raison tient au respect de l’hĂ©ritage laissĂ© par nos ancĂȘtres, qui consiste Ă  ne pas rĂ©pondre aux injures par des injures. La seconde raison relĂšve de l’identitĂ© de M. Bazoum, l’étranger qui se rĂ©clame du Niger. Nous savons que le peuple nigĂ©rien frĂšre du Mali, se distingue par des valeurs sociĂ©tales, culturelles et religieuses trĂšs riches. M. Bazoum n’est pas un nigĂ©rien, son comportement nous rĂ©conforte totalement dans notre constat.

Excellence M. le Secrétaire Général, le Mali tirera toutes les conséquences de droit de vos agissements.
Devant Dieu et en leur Ăąme et conscience, nous demandons Ă  ceux qui rĂ©futent notre version, d’indiquer s’ils accepteront que des militaires ayant dissimulĂ© leurs identitĂ©s, en mettant sur leurs passeports qu’ils sont peintres, maçons etc
 avec des armes, dĂ©barquent dans leur aĂ©roport, sans que le pays de destination n’ait Ă©tĂ© au prĂ©alable informĂ© et dans le dessein funeste de dĂ©stabiliser ce pays. S’ils ne l’acceptent pas, en tant qu’Etat, si cela n’est pas possible Ă  Lisbonne ou ailleurs, le Mali non plus ne l’acceptera pas en tant qu’Etat et ce ne sera pas non plus possible Ă  Bamako ou dans une autre localitĂ© malienne.
Monsieur le Président,

« Une nouvelle Ăšre : des solutions porteuses de changement pour relever des dĂ©fis interdĂ©pendants » le thĂšme de cette 77Ăšme session ordinaire de l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale suscitera l’espoir de meilleurs jours pour le Mali, Ă  la condition que le bilan sans complaisance de l’ancienne Ăšre soit Ă©tabli, que les enseignements soient tirĂ©s et que des recommandations objectives soient formulĂ©es. Une fois cette Ă©tape franchie, je ne doute pas, qu’à travers notre action collective : nous rĂ©ussirons Ă  pacifier les multiples foyers de tension dans le monde, mais aussi Ă  promouvoir un dĂ©veloppement harmonieux et lutter efficacement contre les pandĂ©mies, la dĂ©gradation de l’environnement et le rĂ©chauffement climatique, les inĂ©galitĂ©s, les politiques de domination et de prĂ©dation de ressources.

Depuis le mois d’aoĂ»t 2020, le Mali se trouve dans un processus de transition, qui prendra fin le 26 mars 2024, par le transfert de pouvoir aux autoritĂ©s Ă©lues. D’ici Ă  cette Ă©chĂ©ance et conformĂ©ment aux recommandations des Assises nationales de la refondation, les autoritĂ©s de la Transition se sont engagĂ©es, dans deux chronogrammes convenus avec la CEDEAO (la CommunautĂ© Ă©conomique des Etats de l’Afrique de l’Ouest), Ă  faire des
rĂ©formes politiques et institutionnelles, avant d’organiser des Ă©lections, dont l’objectif ultime est de refonder l’Etat malien, afin qu’il rĂ©ponde aux aspirations profondes et lĂ©gitimes de notre peuple Ă  la paix, Ă  la sĂ©curitĂ©, Ă  la bonne gouvernance, au dĂ©veloppement et Ă  la stabilitĂ© institutionnelle durable au Mali.
Dans cette perspective, je suis heureux de souligner que certaines avancĂ©es majeures ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es, notamment la promulgation de la loi Ă©lectorale qui comprend entre autres la crĂ©ation de l’AutoritĂ© IndĂ©pendante de Gestion des Elections (AIGE) dont l’installation est Ă  un stade avancĂ©, ainsi que la mise en place d’une commission composĂ©e d’éminentes personnalitĂ©s de toutes les composantes de la sociĂ©tĂ© malienne, chargĂ©e de la rĂ©daction de la nouvelle constitution.

Monsieur le Président,

Sur un autre plan, peu de gens savent que le Mali est le seul pays au monde dans lequel se superposent et se dĂ©roulent simultanĂ©ment 4 types d’insĂ©curitĂ© : le terrorisme, les conflits communautaires manipulĂ©s par les terroristes et leurs sponsors Ă©tatiques Ă©trangers, la criminalitĂ© transnationale organisĂ©e et les actions violentes d’individus isolĂ©s.
ParallĂšlement Ă  ce processus de retour Ă  l’ordre constitutionnel, le Mali continue de mener une lutte sans merci contre les acteurs de l’insĂ©curitĂ©, en particulier les groupes extrĂ©mistes et qui sont responsables de toutes sortes d’abus contre nos paisibles populations.

En ce qui concerne le Mali, je suis heureux et fier de vous annoncer que les groupes terroristes ont Ă©tĂ© sĂ©rieusement affaiblis et la peur a mĂȘme changĂ© de camp. Cependant, ces groupes criminels gardent encore et toujours une certaine capacitĂ© de nuisance, dans leurs tentatives dĂ©sespĂ©rĂ©es de porter atteinte Ă  notre intĂ©gritĂ© territoriale et de terroriser nos populations.

Les vaillantes Forces de DĂ©fense et de SĂ©curitĂ© du Mali restent dĂ©terminĂ©es Ă  faire face Ă  toutes les menaces, d’oĂč qu’elles viennent. Sous l’impulsion de Son Excellence le Colonel Assimi GOITA, PrĂ©sident de la Transition, Chef de l’Etat, le Gouvernement du Mali continue d’intensifier les efforts importants pour recruter, former, Ă©quiper et renforcer les capacitĂ©s opĂ©rationnelles des Forces de DĂ©fense et de SĂ©curitĂ© maliennes. Je dois dire ici que les actions offensives menĂ©es jusque-lĂ  ont permis Ă  nos forces de remporter des victoires dĂ©cisives contre les forces obscurantistes. Elles ont Ă©galement permis Ă  l’Etat de reprendre pied et de rĂ©affirmer son autoritĂ© sur une grande partie du territoire national, ainsi que de favoriser le retour de plusieurs milliers de nos compatriotes dans leurs localitĂ©s d’origine.

Cependant, nous savons que la solution uniquement militaire ou sĂ©curitaire a ses limites. C’est la raison pour laquelle, en appui Ă  l’action militaire, le Gouvernement du Mali s’est dotĂ© d’une stratĂ©gie globale et intĂ©grĂ©e, comprenant des mesures politiques, sociales, de dĂ©veloppement, y compris la fourniture des services sociaux de base Ă  nos populations durement affectĂ©es par la crise multiforme que nous traversons depuis janvier 2012, avec comme objectif la restauration de l’autoritĂ© de l’Etat sur l’ensemble du territoire national.

Dans cette dynamique, le Gouvernement du Mali a approuvĂ© le 24 aoĂ»t dernier, la StratĂ©gie nationale de Stabilisation des rĂ©gions du Centre et son Plan d’actions 2022-2024. Cette stratĂ©gie traduit la volontĂ© des autoritĂ©s de la Transition d’avoir une approche holistique de la stabilisation des rĂ©gions du Centre. Elle vise Ă  faire du Centre une zone stable et prospĂšre oĂč les communautĂ©s sont rĂ©conciliĂ©es et vivent en harmonie avec leurs voisins.
ParallĂšlement, la mise en Ɠuvre diligente et intelligente de l’Accord pour la paix et la rĂ©conciliation au Mali, issu du processus d’Alger, demeure une prioritĂ© stratĂ©gique des autoritĂ©s de la Transition, en tant qu’instrument pacifique de rĂ©solution durable de la crise, que traverse le Mali dans sa partie Nord.

Je dois dire que je suis particuliĂšrement heureux des conclusions de la deuxiĂšme rĂ©union de niveau dĂ©cisionnel des parties Ă  l’Accord, tenue Ă  Bamako du 1er au 05 aoĂ»t 2022. Cette importante rĂ©union, qui a regroupĂ© les parties signataires et la MĂ©diation internationale, a permis de lever certains obstacles afin de relancer le processus de mise en Ɠuvre de l’Accord.

Poursuivant cette dynamique positive et progressive du processus de paix, la 6Ăšme rĂ©union de haut niveau du ComitĂ© de Suivi de l’Accord (CSA) s’est tenue Ă  Bamako il y a Ă  peine quelques semaines, le 02 septembre 2022. Cette session du CSA est un signal fort de la volontĂ© des parties Ă  s’engager dans une nouvelle dynamique en vue de parachever la mise en Ɠuvre de l’Accord. Je rĂ©affirme ici notre attachement Ă  ce processus dont la rĂ©ussite demeure l’une des conditions sine qua non de la stabilitĂ© durable du Mali.

C’est le lieu pour moi de saluer une fois de plus le rĂŽle actif de l’AlgĂ©rie et l’accompagnement de l’équipe de mĂ©diation internationale.

Je n’oublie pas ici la situation des rĂ©fugiĂ©s maliens dans les pays voisins, que je salue au passage pour leur hospitalitĂ© Ă  l’égard des nĂŽtres. Je n’oublie pas non plus celle de nos compatriotes dĂ©placĂ©s internes. Je veux les rassurer que le Gouvernement du Mali reste trĂšs attentif Ă  leur situation prĂ©caire et que tous nos efforts visent Ă  crĂ©er les conditions propices Ă  leur retour dans la sĂ©curitĂ© et la dignitĂ©, en vue de leur participation effective, Ă  la vie de la nation.
Monsieur le Président,
Dans sa difficile quĂȘte pour la paix, la stabilitĂ© et le dĂ©veloppement durable, le peuple malien reste reconnaissant des efforts et des sacrifices consentis par la MINUSMA, de sa crĂ©ation en juillet 2013 Ă  nos jours, visant Ă  aider le Mali Ă  restaurer son autoritĂ© sur l’ensemble de son territoire.

C’est pourquoi, je tiens Ă  rendre hommage, au nom du peuple et du Gouvernement maliens, Ă  la mĂ©moire de toutes les victimes, maliennes comme Ă©trangĂšres, civiles comme militaires, tombĂ©es sur le champ d’honneur au Mali.

Cela dit, il nous faut reconnaßtre que prÚs de 10 ans aprÚs son établissement, les objectifs pour lesquels la MINUSMA a été déployée au Mali ne sont pas atteints. Et ce, en dépit des nombreuses résolutions du Conseil de sécurité.
C’est pourquoi, le Gouvernement du Mali rĂ©itĂšre sa demande, maintes fois exprimĂ©e, d’un changement de paradigme, d’une adaptation de la MINUSMA Ă  l’environnement dans lequel elle est dĂ©ployĂ©e et d’une meilleure articulation de cette mission avec les autoritĂ©s maliennes.

Dans cette perspective, il est extrĂȘmement important pour la MINUSMA de rester une force d’appui au Mali dans sa quĂȘte de stabilitĂ©. Le Gouvernement du Mali dĂ©nonce les influences extĂ©rieures nĂ©gatives et les tentatives d’instrumentalisation de certaines entitĂ©s lĂ©galement prĂ©sentes au Mali, pour servir des agendas cachĂ©s, y compris Ă  travers l’exploitation de la question des droits de l’homme aux fins de dĂ©stabilisation.

Monsieur le Président,

Le monde se souviendra qu’aprĂšs avoir Ă©tĂ© abandonnĂ© en plein vol, le 10 juin 2021, par la France qui a dĂ©cidĂ© unilatĂ©ralement de retirer la force Barkhane du Mali, mon pays a Ă©tĂ© ensuite poignardĂ© dans le dos par les autoritĂ©s françaises. La prĂ©cision est d’autant plus utile que nous refusons tout amalgame avec le peuple français que nous respectons.
Les autoritĂ©s françaises profondĂ©ment anti-françaises pour avoir reniĂ© les valeurs morales universelles et trahi le lourd hĂ©ritage humaniste des philosophes des lumiĂšres, se sont transformĂ©es en une junte au service de l’obscurantisme.
Obscurantisme de la junte française nostalgique de pratique nĂ©ocoloniale, condescendante, paternaliste et revancharde, qui a commanditĂ© et prĂ©mĂ©ditĂ© des sanctions inĂ©dites, illĂ©gales, illĂ©gitimes et inhumaines de la CEDEAO et de l’UEMOA contre le Mali. AprĂšs plus de 10 ans d’insĂ©curitĂ© ayant fait des milliers de morts, autant de rĂ©fugiĂ©s et de dĂ©placĂ©s internes, n’est-ce pas un sacrilĂšge de mettre une population malienne victime de l’insĂ©curitĂ© dans un pays enclavĂ© sous embargo pendant 7 mois, en procĂ©dant Ă  la fermeture des frontiĂšres et la saisie des comptes financiers du Mali ?
Grùce à sa résilience et à la solidarité de pays amis et des peuples africains, le Peuple malien a tenu et a déjoué les pronostics de ses adversaires.

Obscurantisme de la junte française qui s’est rendue coupable d’instrumentalisation des diffĂ©rends ethniques, en oubliant si vite sa responsabilitĂ© dans le gĂ©nocide contre les Tutsis au Rwanda, coupable Ă©galement de tenter dĂ©sespĂ©rĂ©ment de diviser les maliens enfants d’une mĂȘme famille.

Enfin, obscurantisme de la junte française, qui a violĂ© l’espace aĂ©rien malien en y faisant voler des vecteurs aĂ©riens tels que des drones, des hĂ©licoptĂšres militaires et des avions de chasse, plus d’une cinquantaine de fois, en apportant des renseignements, des armes et munitions aux groupes terroristes.

Afin de se donner une bonne conscience, la junte française accuse le Mali de n’avoir pas Ă©tĂ© reconnaissant, en se gargarisant de la mort regrettable de 59 soldats français au Mali, lors de diverses opĂ©rations de lutte contre le terrorisme. A cette triste accusation, nous rappelons que dans la majoritĂ© des interventions d’officiels maliens et des cĂ©rĂ©monies, nous rendons systĂ©matiquement un hommage Ă  l’ensemble des victimes de l’insĂ©curitĂ© au Mali sans distinction de nationalitĂ©, donc, y compris les 59 français dĂ©cĂ©dĂ©s. Aussi, nous les invitons Ă  ne pas s’arrĂȘter en si bon chemin et de remonter le temps, en passant par leur intervention en Libye dĂ©criĂ©e par toute l’Afrique, sans oublier la participation forcĂ©e des milliers d’Africains Ă  la 1Ăšre et la seconde guerre mondiale, sans oublier la traite nĂ©griĂšre qui explique l’essor Ă©conomique de beaucoup de pays. Combien d’Africains sont-ils morts pour la France et le monde libre dans lequel nous sommes ?

Monsieur le Président,

Eu Ă©gard Ă  la gravitĂ© des faits commis par la junte française, le Mali dans sa lettre en date du 15 aoĂ»t 2022, a demandĂ© la tenue d’une rĂ©union d’urgence du Conseil de SĂ©curitĂ© des Nations Unies. Cette rĂ©union a pour objet de permettre au Mali de prĂ©senter les Ă©lĂ©ments de preuve en sa possession, dĂ©montrant que l’armĂ©e française a agressĂ© en de maintes reprises, mon pays, en violant, de maniĂšre rĂ©pĂ©titive et frĂ©quente l’espace aĂ©rien malien, sans autorisation des autoritĂ©s maliennes et parfois en falsifiant des documents de vol.

Plus grave, Monsieur le Président, le Mali sera en mesure de prouver que la junte française a fourni des renseignements et des armes à des groupes terroristes.

Le Gouvernement du Mali s’interroge sur les raisons qui poussent cet Etat membre permanent du Conseil de sĂ©curitĂ©, de surcroĂźt assurant la prĂ©sidence de cet organe, Ă  faire obstacle au dĂ©bat, en vue de la manifestation de la vĂ©ritĂ©. Le monde doit ĂȘtre Ă©difiĂ© sur les faits graves qui se sont dĂ©roulĂ©s au Mali et qui sont Ă  la base de l’aggravation de l’insĂ©curitĂ© et de la dĂ©stabilisation du Mali et du Sahel.

Par la saisine du Conseil de sécurité, le Gouvernement du Mali entend mettre cet important organe, chargé à titre principal du maintien de la paix et de la sécurité internationales, face à ses responsabilités et dénoncer les agissements de la junte française contre mon pays. Ces actes hostiles sont

incompatibles avec la Charte des Nations Unies et son statut de membre permanent.

Il y va de la crĂ©dibilitĂ© de notre mĂ©canisme commun, de l’efficacitĂ© de la lutte contre le Terrorisme, mais surtout, il y va de l’intĂ©gritĂ© de l’Organisation des Nations Unies qui repose entre autres sur le respect des engagements internationaux, de la lĂ©galitĂ© internationale et de la Charte des Nations Unies.
M. le Président, il semble opportun pour le Mali de demander votre implication personnelle auprÚs du Conseil de Sécurité des Nations Unies, afin que notre demande aboutisse, pour que cesse la duplicité et la guerre par procuration imposée à mon pays.

Monsieur le Président,

Dans la lutte contre le terrorisme et l’extrĂ©misme violent, le Gouvernement du Mali est fortement interpellĂ© sur la question des droits de l’homme. Je tiens Ă  souligner que les droits de l’homme, constituent avant tout des valeurs qu’incarne chaque malien. Aussi, le Gouvernement du Mali reste dĂ©terminĂ© Ă  les respecter et Ă  les faire respecter, conformĂ©ment Ă  sa politique de tolĂ©rance zĂ©ro contre l’impunitĂ©. Et cela, par fidĂ©litĂ© Ă  nos valeurs ancestrales inscrites dans la Charte de Kouroukanfouga proclamĂ©e en 1236 par l’Empereur du Mali Soundiata KEITA. Le Mali, berceau de grandes civilisations, hĂ©ritier de grands empires, terre de brassage, d’hospitalitĂ© et de tolĂ©rance, fait de la promotion et de la dĂ©fense des droits de l’homme une prioritĂ© nationale. C’est pourquoi, je rĂ©affirme avec force que les opĂ©rations militaires des Forces de dĂ©fense et de sĂ©curitĂ© du Mali sont conduites dans le strict respect des droits de l’homme et du droit international humanitaire.

Cependant, comme je viens de le souligner, le Gouvernement du Mali s’oppose avec vĂ©hĂ©mence Ă  l’instrumentalisation de la question des droits de l’homme Ă  des fins politiques, de positionnement, voire de chantage ou d’intimidation. De mĂȘme, nous regrettons la sĂ©lectivitĂ© observĂ©e entre les droits des populations dont des villages entiers sont massacrĂ©s et rasĂ©s qui ne suscitent presque pas d’indignation particuliĂšre et la manipulation communicationnelle faisant passer des terroristes neutralisĂ©s sur le champ de bataille pour des civils innocents.

Monsieur le Président,

Pour terminer, je dirai que le peuple malien a dĂ©cidĂ© de prendre son destin en mains. Il soutient pleinement le Gouvernement dans la Refondation du Mali ainsi que le retour Ă  un ordre constitutionnel apaisĂ© et sĂ©curisĂ© en mars 2024, Ă  l’issue d’élections libres, crĂ©dibles et transparentes.

La rĂ©alisation de ces vastes chantiers exige du Gouvernement de poursuivre et d’intensifier les efforts en vue de l’amĂ©lioration continue de la situation sĂ©curitaire dans le pays et de la protection des personnes et de leurs biens.

A cet égard, je me réjouis de la tenue à Lomé, le 06 septembre dernier, de la 3Úme réunion du Groupe de Suivi et de Soutien à la Transition. Les conclusions de cette importante rencontre, notamment la reconnaissance des progrÚs réalisés par la Transition et les appels lancés en faveur de la mobilisation de

tous les partenaires du Mali pour consolider leur appui politique, Ă©conomique, technique et financier Ă  la RĂ©publique du Mali, ainsi que pour soutenir les efforts des AutoritĂ©s de transition du Mali en vue d’un retour harmonieux Ă  l’ordre constitutionnel.
Je voudrais rappeler que la Transition au Mali, rĂ©sulte de plusieurs annĂ©es de dysfonctionnements de notre jeune dĂ©mocratie, qui a engrangĂ© quelques rĂ©sultats positifs. Malheureusement, Ă  l’heure du bilan, les passifs sont plus importants que les actifs, d’oĂč la survenance de la Transition. Je saisis cette opportunitĂ© qui m’est offerte pour remercier chaleureusement notre respectĂ© aĂźnĂ©, SE le PrĂ©sident Alassane Dramane Ouattara pour les sages et Ă©clairĂ©s conseils, qu’il nous a prodiguĂ©s dans son allocution mĂ©morable Ă  cette 77Ăšme session de l’AssemblĂ©e GĂ©nĂ©rale des Nations Unies. Je voudrais le rassurer que les AutoritĂ©s de la Transition malienne, n’ont d’autres objectifs que de faire des rĂ©formes politiques et institutionnelles, avant d’organiser des Ă©lections, tout en luttant obstinĂ©ment contre le terrorisme. Ces rĂ©formes permettront d’amĂ©liorer la gouvernance et toutes les dispositions seront prises pour que la dĂ©mocratie malienne soit la plus enviĂ©e au monde.
Dans ce chantier, nous prĂȘterons une attention particuliĂšre au 3Ăšme mandat qui ne sera pas possible. Pour un public moins averti, le 3Ăšme mandat consiste pour un PrĂ©sident de la RĂ©publique d’effectuer une manƓuvre en 4 temps, en vue de conserver le pouvoir pour lui seul et son clan :
‱ Premier temps : Presqu’en fin de second mandat, donc en principe, non rĂ©Ă©ligible, il s’agit pour le PrĂ©sident de la RĂ©publique sortant, de dĂ©clencher une rĂ©vision constitutionnelle de maniĂšre non consensuelle ;

‱ DeuxiĂšme temps : au cours de cette rĂ©vision constitutionnelle, le PrĂ©sident de la RĂ©publique sortant modifiera quelques dispositions constitutionnelles ;
‱ TroisiĂšme temps : une fois la nouvelle Constitution adoptĂ©e, sur fond de crise politique naturellement, le PrĂ©sident sortant devient candidat, en violation de la limitation du nombre de mandat Ă  deux. Sa candidature est alors justifiĂ©e par l’adoption de la nouvelle constitution et le prĂ©texte est tout trouvĂ© : la limitation du nombre de mandat Ă  deux concernait l’ancienne constitution. Par consĂ©quent, il est candidat au regard de la nouvelle Constitution adoptĂ©e.
‱ QuatriĂšme temps : une farce Ă©lectorale est organisĂ©e. ForcĂ©ment, il remporte les Ă©lections et s’en suit une chasse impitoyable aux opposants politiques, dont certains sont arrĂȘtĂ©s, d’autres s’exilent, et d’autres assassinĂ©s. Les allĂ©geances sont obtenues grĂące au pouvoir de l’argent, le clientĂ©lisme et les intimidations.

Dans un langage plus simplifiĂ© et en rĂ©fĂ©rence Ă  une mĂ©taphore footballistique, le 3Ăšme mandat est une magie, c’est l’art de se dribbler soi-mĂȘme tout en gardant le ballon.
Excellence M. le Président Ouattara, vos conseils nous rappellent la triste histoire du chameau qui se moque de la bosse du dromadaire.

MalgrĂ© les efforts tangibles de la Transition malienne dans la mise en Ɠuvre des chronogrammes des rĂ©formes politiques et institutionnelles et celui des Ă©lections, saluĂ©s par la communautĂ© internationale, Mme la Ministre des

Affaires EtrangĂšres de la Junte française, Ă  qui le Mali n’a pourtant rien demandĂ©, a estimĂ© qu’il n’y avait pas eu de progrĂšs, oubliant que Nul ne peut aimer le Mali, plus que les Maliens eux-mĂȘmes. Sa position singuliĂšre et son adversitĂ© ne nous surprennent guĂšre. Victor Hugo dans Claude Gueux a classĂ© le genre humain en 2 catĂ©gories, en indiquant : « qu’il y a des hommes qui sont fer et des hommes qui sont aimant » la Ministre dont il s’agit, malheureusement, n’est ni fer, ni aimant, elle est hideusement sui generis.
Devant l’incertitude et les situations Ă©trangĂšres, le peuple malien adopte une attitude prudente, c’est ce que l’écrivain et le sage Amadou HampĂątĂ© Ba, met en relief, en conseillant dans l’étrange destin de Wangrin que : « Si observer est une qualitĂ©, savoir se taire prĂ©serve de la calamitĂ© ». Mme le Ministre de la junte française, le Mali vous conseille de vous contenter d’observer sa situation.

C’est l’occasion pour moi de saluer les relations de coopĂ©ration exemplaire et fructueuse entre le Mali et la Russie, tout en rĂ©affirmant que le Mali reste ouvert Ă  tous les partenaires qui souhaitent l’aider Ă  relever les multiples dĂ©fis qui l’assaillent, dans le respect strict de sa souverainetĂ©, de son unitĂ© et de la dignitĂ© du peuple malien.

Le Mali rappelle que conformĂ©ment Ă  la Vision du Colonel Assimi GOÏTA PrĂ©sident de la Transition, Chef de l’Etat, 3 principes guident l’action publique nationale :
1. Le respect de la souveraineté du Mali ;
2. Le Respect des choix stratégiques et de partenaires opérés par le Mali ;

3. La prise en compte des intĂ©rĂȘts vitaux du peuple malien dans les dĂ©cisions prises.

En application de ces principes, le Mali reste disposĂ© Ă  poursuivre et Ă  renforcer ses relations de bon voisinage avec l’ensemble des pays qui l’entourent. De mĂȘme, le Mali, fidĂšle Ă  son engagement panafricain, continuera Ă  Ɠuvrer au sein des organisations sous rĂ©gionales et rĂ©gionales pour la rĂ©alisation de l’intĂ©gration africaine.
Egalement, l’atteinte des objectifs de la Transition, requiert l’accompagnement de l’ensemble des partenaires du Mali, y compris les Nations Unies. J’en appelle donc aux amis du Mali Ă  rester mobilisĂ©s aux cĂŽtĂ©s du Gouvernement en vue de l’aider Ă  relever ensemble ces dĂ©fis importants.

Pour la grande majorité des Etats du Monde, convaincus par le respect mutuel et le partenariat gagnant-gagnant, je leur garantis que les portes du Mali leur sont grandement ouvertes et les maliens les accueilleront les bras ouverts.

Pour la minoritĂ© qui serait tentĂ©e de ne pas respecter ces principes, nous leur promettons qu’ils feront face Ă  des millions de « Assimi GoĂŻta », soucieux de dĂ©fendre leur honneur, leur dignitĂ© et leurs intĂ©rĂȘts vitaux. Je terminerai, en donnant deux conseils aux nostalgiques de la domination : ayez le sens de l’empathie en « Traitant les autres comme vous voudrez ĂȘtre traitĂ© » ou en « Ne faisant pas aux autres ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fasse ». Le second conseil, revoyez vos copies, revoyez vos modĂšles, revoyez vos logiciels pour intĂ©grer le changement de mentalitĂ©s et l’évolution du monde dans vos grilles de lecture et d’analyse, sortez du passĂ© colonial et entendez la colĂšre, la

frustration, le rejet qui remontent des villes et campagnes africaines, des populations africaines, et comprenez que ce mouvement est inexorable. GrĂące au principe de la multiplication fractale, vos intimidations et vos actions subversives n’ont fait que grossir le rang des africains soucieux de prĂ©server leur dignitĂ©, s’ils n’étaient qu’une centaine aux indĂ©pendances, aujourd’hui, nous sommes des millions et demain, tant que les paradigmes inĂ©galitaires demeureront, nous serons des milliards. Le Mali et son peuple ne seront pas des spectateurs face aux assauts et l’adversitĂ© : pour chaque mot employĂ© de travers, nous rĂ©agirons par rĂ©ciprocitĂ©, pour chaque balle tirĂ©e contre nous, nous rĂ©agirons par rĂ©ciprocitĂ©.

C’est Ă  ce prix qu’une nouvelle Ăšre sera une rĂ©alitĂ©, avec des solutions porteuses de changement pour relever des dĂ©fis interdĂ©pendants, avec des Etats interdĂ©pendants et en valorisant l’Homme, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de propriĂ©tĂ©, de naissance ou de toute autre situation, tel que stipulĂ© Ă  l’Article 2 de la DĂ©claration Universelle des Droits de l’Homme.

Que Dieu bénisse le Mali et préserve les Maliens, des forces obscurantistes et destructrices du monde !
Que Dieu bĂ©nisse l’Afrique et prĂ©serve les africains des forces
obscurantistes et destructrices du monde !
Que Dieu bĂ©nisse le monde et prĂ©serve l’humanitĂ© entiĂšre des forces
obscurantistes et destructrices du monde !
Je vous remercie de votre trĂšs aimable attention.

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