Projet d’exploitation du zircon de la Casamance : La France prête à mettre la Casamance à feu et à sang (Par Amath Bodian) !

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Il est important que toute la population Sénégalaise en général, et celle de la Casamance en particulier, soit au courant de l’implication de la France dans les tentatives de blocage du projet d’exploitation du Zircon de Niafarang

Depuis qu’une visite sur la mine de GCO à Diogo a été faite par des représentants du « comité de lutte contre l’exploitation du Zircon de Niafrang », beaucoup de fausses rumeurs qui ont été véhiculées pendant longtemps pour faire peur aux populations de la zone du projet sont maintenant levées. Des améliorations notoires sont ainsi notées dans la communication avec les populations.

On n’a pas besoin de creuser profondément pour voir que ce sont des français appuyés par la coopération française qui sont derrière toute cette propagande contre l’exploitation du zircon en Casamance. Leurs stratégies : financer des manifestations contre l’exploitation, véhiculer de fausses informations concernant les impacts environnementaux et faire ainsi peur à la population pour qu’elle s’oppose au projet dans l’optique de récupérer ou de s’immiscer dans le projet comme ils l’ont fait à GCO.  Des informations fabriquées de toute pièce qui défient toutes les lois de la logique, sont diffusées pour manipuler l’opinion publique casamançaise et l’amener à refuser l’exploitation. Parmi ses intoxications aussi grossières qu’incongrues, on a relevé les assertions suivantes :

  • L’exploitation du zircon va causer des cancers et des maladies respirations au niveau des populations ;
  • L’océan va envahir la dune et 42 villages seront déplacés pour l’exploitation qui pourtant ne s’étend que sur une dune de 6 km de sable presque déserte ;
  • Les rizières seront asséchées ;
  • La nappe sera salinisée ;
  • Des forêts seront dévastées, …etc.

En tant que géologue, je me dois de dénoncer toutes ses affirmations mensongères qui ont été orchestrées par la communauté française vivant dans le secteur, en collaboration avec Les membres du soi-disant comité de lutte contre l’exploitation du zircon en Casamance à travers le mouvement ‘’Appel de la dune’’ dans le seul but de bloquer le projet d’exploitation.

En tant que citoyen sénégalais, je ne peux m’empêcher de me poser légitimement les questions suivantes :

  • Quelles sont les motivations qui poussent la communauté française vivant dans et en dehors de la zone du projet à créer la psychose au sein de ma communauté casamançaise au risque de réveiller les tensions du passé? Est-ce pour préserver la tranquillité de leur retraite après une vie active passée en France ?  Ou est-ce pour des intérêts inavoués ?
  • Qu’est ce qui peut justifier les moyens humains et matériels importants déployés par la coopération française pour contribuer au blocage d’un projet d’exploitation de zircon dans un petit village au fond fin de la Casamance? En effet, on comprend difficilement que la France, qui à travers la société ERAMET est impliquée dans l’exploitation du Zircon de la Grande Côte, puisse s’indigner du projet de Niafarang au point d’envoyer sur place le Ministre français chargé de l’Environnement et successivement deux ambassadeurs en poste au Sénégal, suivi d’un déploiement de tous les moyens de propagande de la France à Niafarang : RFI, CFI, France 24 etc…
  • qui  se sont succéder dans la zone à chaque fois que de besoin pour raviver la tension sociale autour du projet minier. Entre autre, on note l’implication, des citoyens français, soi-disant experts de la Casamance, tel que Jean Claude Marut, multiplient les articles et les conférences de presse pour dénigrer le projet de Niafarang.  En quoi sont-ils plus experts de la Casamance que nous les casamançais eux même?
  • La France a-t-elle le droit de financer le sabotage d’un projet inscrit dans la composante Mine du Plan Sénégal Emergent (PSE) ? En effet, voyant les progrès notoires qui ont été faits depuis la visite de Diogo, la coopération française redouble d’effort pour bloquer le projet en finançant à travers une ONG de la place, une campagne de mobilisation des populations contre le projet de Niafarang sous forme de séminaires sur le thème ‘’les droits des communautés sur l’exploitation des ressources naturelles’’ qui ne sont rien d’autre qu’une campagne de mobilisation des populations contre le projet. Et c’est sans scrupule que l’animateur du séminaire a remercié, sur une chaîne de télévision, la coopération française à la fin d’un des ateliers.
  • Pourquoi l’IRD qui est un institut français se permet de remettre en cause les décisions souveraines des ministères de l’Environnement et des Mines sur des procédures de validation d’étude et de demandes d’autorisation? Et pour couronner le tout, un ressortissant français, propriétaire de l’auberge Tilibo Horizon a même eu le culot de menacer par écrit la compagnie australienne porteuse du projet sans aucune conséquence?
  • Peut-on imaginer qu’un sénégalais ou le Sénégal puisse se permettre de remettre en cause la plus petite décision de la plus petite autorité française en France?

Pour moi, Amath BODIAN, géologue et fils de la Casamance, le projet de l’exploitation du Zircon en Casamance, n’est plus seulement un projet de développement mais également un symbole de la lutte pour notre souveraineté politique et économique.

En effet, après la main mise sur le pétrole du Sénégal par le groupe TOTAL, le pillage de notre économie pour sauver le groupe ALSTOM en lui attribuant le contrat de la réalisation du TER, l’invasion du secteur de la distribution par AUCHAN et le tapis rouge déroulé au groupe DOUX pour s’accaparer de la filière avicole sénégalaise, C’est maintenant le tour du Zircon de la Casamance que la France veut coût au coût mettre la main.

Je lance un appel à toute la population du sénégalais en général, et celle de la Casamance en particulier, pour une prise de conscience collective sur les vrais défis de notre région. La Casamance fut la première région au Sénégal où on a découvert un gisement de pétrole depuis 1958, mais jusque-là inexploité. Pendant que les phosphates de Matam et de Thiès, l’Or de Kédougou, le zircon de Diogo, le pétrole offshore sur les côtes de saint Louis suivent leur bonhomme de chemin. Malgré toutes ses richesses en ressources naturelles, la Casamance reste parmi les régions les plus défavorisées du pays avec un manque sévère d’entreprises et d’infrastructures.  Ce projet d’exploitation du zircon en Casamance constitue une belle opportunité pour nous jeunes casamançais. Alors n’accepterons pas que des étrangers mus par leurs propres intérêts nous dictent leurs lois.

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