Pénurie de Sang dans les Hôpitaux : Sédhiou, Matam et Louga, les régions les plus dépourvues

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A Dakar comme dans les régions, la transfusion sanguine par voie sécurisée demeure un véritable casse-tête pour les professionnels du secteur. Une situation qui cause souvent des pertes en vies humaines, puisque 12% des poches collectées sont détruites car contenant de l’hépatite B. Sédhiou, Matam et Louga sont les plus déficitaires. Le Journal EnQuete qui a consacré un large Dossier sur cette pénurie lance l’alerte rouge.

Don de Sang

Depuis quelques semaines, les poches de sang font cruellement défaut dans les structures de santé. Le Centre de transfusion sanguine (Cnts) s’est vidé de son sang. La situation est d’autant plus préoccupante qu’elle a causé la mort d’une sage-femme sur le point

d’accoucher.

En outre, elle a poussé le Président Macky Sall à lancer un appel aux populations à donner du sang. Cette situation est causée, selon les médecins, par le Ramadan. Après chaque fin de mois de jeûne, les structures sont confrontées à une pénurie. Mais celle de cette année est la plus frappante, parce que le déficit de stocks est de 60 000 poches. Le paradoxe est bouleversant.

 

 

Chaque année, les dons de sang augmentent de manière considérable au Sénégal. Et malgré la hausse du nombre de donneurs, le sang ne satisfait pas la demande annuelle nationale de 150 000 poches. Selon un document du Cnts, 88 905 dons ont été enregistrés en 2017. Les donneurs sont à 75% de sexe masculin, alors que les femmes ne représentent que 25%, bien qu’elles soient les principales bénéficiaires. L’âge moyen des donneurs est de 25 ans.

Sédhiou, Matam et Louga, les régions les plus dépourvues

Les Sénégalais aiment apparemment les urgences. Beaucoup attendent qu’on sonne l’alerte pour réagir. De l’avis du directeur du Cnts, dans le document parvenu à EnQuête, 20 à 30% des dons sont réalisés en cas d’urgence. “C’est ce qu’on appelle des dons familiaux. Ils sont de 40% dans les régions et 1% à Dakar’’, explique-t-il.

A l’en croire, il y a beaucoup de situations d’urgence, principalement des femmes qui saignent après accouchement, avec des anémies sévères.Il y a aussi les accidentés de la circulation. “Il y a beaucoup de conséquences, car dans ces situations, les familles se mettent à chercher des donneurs de sang pour régler les problèmes de leurs patientes. Et on n’est pas dans les conditions d’une bonne qualité de prise en charge.’’ Cela est une façon pour le professeur de rappeler la responsabilité que les uns et les autres ont de donner du sang de façon régulière afin d’assurer la disponibilité d’un stock suffisant pour une meilleure gestion des situations.

Pour le professeur, Dakar, Diourbel et Thiès sont les régions les mieux approvisionnées en sang. Par contre, Sédhiou, Matam et Louga sont les plus dépourvues. La construction de trois centres prévue d’ici 2021 pourra peut-être régler le problème, surtout avec une multiplication des dons.

La banque de sang de Mbour est vide

Le constat est sans appel. La banque de sang de Mbour est vide. Elle rencontre aussi de réelles difficultés pour collecter le liquide vital. Mouhamadou Lamine Dramé, responsable de la banque de sang et du laboratoire de Mbour, invite la population à se mobiliser pour changer la donne. Le nombre de demande de poches de sang ne cesse d’augmenter. Alors que, dans le même mouvement, le nombre de donneurs prend la courbe inverse. Depuis le mois de Ramadan, l’hôpital connaît une pénurie, dit-on. D’ailleurs, ce mardi matin, il y a des va-et-vient incessants, mais pas un seul n’est venu pour faire un don. Ils sont tous là pour faire des analyses. “Depuis le mois de Ramadan, nous sommes confrontés à une pénurie. Le jour de la Korité d’ailleurs, on avait un cas urgent de transfusion. On ne savait pas à qui nous adresser, parce que les gens étaient dans l’euphorie de la fête. C’était difficile, mais, par la grâce de Dieu, on a pu en obtenir’’, explique Mouhamadou Lamine Dramé.

Un gap de 2 000 poches de sang à combler par an

Le responsable de la banque de sang et du laboratoire de Mbour renseigne que, dans l’année, le besoin est de 5 000 poches “mais, se désole-t-il, nous n’en obtenons que 3 000’’. “Dès que l’on collecte, il y a une demande. La demande est tout le temps là’’, soutient-il. Dans la région, les gens ne sont pas très enclins à faire un don de leur sang

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