“Couché !” Quand vous donnez cet ordre à votre toutou, vous attendez de lui qu’il se mette à plat ventre sur le sol. Mais qu’en serait-il si cette injonction était prononcée par quelqu’un d’autre ? Quelqu’un avec un accent par exemple ? Votre chien se coucherait-il ? La réponse est oui, si l’on en croit l’étude parue dans Biology Letters le 4 décembre. Elle suggère que “les chiens perçoivent très subtilement les mots parlés, une aptitude dont on a longtemps cru qu’elle était propre aux êtres humains”, détaille Science.

Les chercheurs ne se sont pas focalisés sur des ordres donnés aux animaux, mais sur des mots qui a priori n’avaient aucun sens pour eux. Holly Root-Gutteridge, chercheuse en biologie cognitive à l’université du Sussex à Brighton (Royaume-Uni), et ses collègues ont fait écouter à des chiens de races variées des enregistrements de personnes – femmes et hommes ayant des âges et des accents différents – prononçant chacun six mots. “Les chiens n’avaient jamais entendu ces voix auparavant et les mots [en anglais] ne différaient que par leurs voyelles, telles que ‘had’, ‘hid’ et ‘who’d’”, détaille le New Scientist.

Pas besoin d’entraînement

Après une seule écoute, 48 chiens sur les 70 testés “ont réagi lorsque le même orateur disait un nouveau mot ou lorsque le même mot était prononcé par un autre orateur, poursuit l’hebdomadaire. Les autres [chiens] n’ont manifestement pas réagi ou ont été distraits.” L’ensemble des réactions identifiées chez les canidés qui ont réagi – comme un mouvement d’oreille ou un changement de direction du regard – “laisse penser que les chiens reconnaissent les mots indépendamment du locuteur et qu’ils n’ont besoin d’aucun entraînement pour le faire”, explique Science.

Citée par le New Scientist, Holly Root-Gutteridge estime que

cette aptitude résulte peut-être de la domestication, dans la mesure où les chiens qui étaient plus attentifs aux sons humains avaient davantage de chances d’être sélectionnés pour la reproduction.”

Pour Britta Osthaus, de l’université Canterbury Christ Church, au Royaume-Uni, qui n’a pas participé à l’étude, ces travaux mettent en évidence la force des interactions sociales entre les humains et les chiens. Toujours dans le New Scientist, elle ajoute qu’il “serait intéressant de voir si un chien bien entraîné réagirait différemment à la commande de ‘sat’ [assis] au lieu de ‘sit’ [assieds-toi]”.