La controverse reprend en Israël sur la loi mémorielle polonaise concernant l’Holocauste

à Asie../International Par

En échange de la réécriture de la loi, Benyamin Nétanyahou a accepté de valider l’argumentaire orienté et contesté de la droite ultraconservatrice polonaise.

La prise de conscience a réclamé quelques jours, mais elle a fini par faire du bruit. Le compromis annoncé le 27 juin entre les gouvernements israélien et polonais au sujet de la loi sur l’Holocauste, qui avait été adoptée par le Parlement à Varsovie le 26 janvier, ressemblait à un succès diplomatique de l’Etat hébreu. Après de longs échanges avec le gouvernement de Mateusz Morawiecki, ce dernier avait accepté de soutenir une révision du texte. Cette loi mémorielle controversée prévoyait jusqu’à trois ans de prison pour « l’attribution à la nation ou à l’Etat polonais, en dépit des faits, de crimes contre l’humanité » dans le contexte de la seconde guerre mondiale. C’est ce volet pénal qui a été abandonné.

Les autorités polonaises, au lieu de reconnaître leur recul, ont décidé de largement médiatiser la déclaration commune avec Israël, qui à l’origine n’existait qu’en anglais. A l’initiative exclusive de Varsovie, des pages entières ont été achetées dans de grands quotidiens européens, en quatre langues, et enfin en hébreu. « Les Polonais sont victimes d’un hubris énorme », peste un diplomate israélien. Mais le cœur de la polémique est ailleurs. En échange de la réécriture de la loi, Benyamin Nétanyahou a accepté de valider l’argumentaire orienté et contesté de la droite ultraconservatrice polonaise.

Le premier ministre a accordé la priorité au présent, aux intérêts immédiats d’Israël plutôt que de tendre la relation bilatérale. Et ces intérêts passent, selon lui, par le groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie).

M. Nétanyahou – qui doit accueillir le premier ministre hongrois Viktor Orban, le 19 juillet à Jérusalem – considère ces pays, à divers titres, comme des chevaux de Troie au sein de l’Union européenne (UE). Celle-ci campe sur la dénonciation de la colonisation en Cisjordanie et le soutien à une solution à deux Etats avec les Palestiniens. Or M. Nétanyahou joue sur ses bonnes…

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

*

SIMILAIRE(S) Asie..

++ TOP