Justice pour Fallou SENE : Marche réussie des étudiants Sénégalais en France

Justice pour Fallou SENE : Marche réussie des étudiants Sénégalais en France

« Justice pour Fallou Sène », c’est avec ce cri de coeur que les étudiants sénégalais établis en France ont marché à travers les grandes artères de la capitale française pour dénoncer la mort de Mouhamadou Fallou Sène, tué le 15 mai lors d’affrontements avec les gendarmes. Voici le discours intégral de Babacar BA, coordonateur de la marche et porte-parole des étudiants.

« Aujourd’hui, nous sommes tous réunis ici à Paris, pour condamner avec fermeté les assassinats d’étudiants étant survenus au Sénégal. Il faut comprendre que tous les étudiants sénégalais,  où qu’ils soient, sont tous choqués et meurtris par ces événements tragiques récents et antérieurs. MARTIN Luther KING a dit “Injustice anywhere is a threat to justice everywhere ».

Dans ce sens, même à plus 5000km nous restons tous sensibles aux meurtres de nos camarades étudiants au Sénégal et le dénonçons avec toute la vigueur qui sied. Nous manifestons notre indignation et notre mécontentement face aux bavures des forces de « l’ordre ». Elles ont transformé nos universités en véritable champ de bataille en tirant sur les étudiants avec des balles réelles, sous le regard passif des autorités.

Nos universités devraient être des temples du savoir et non des champs de batailles. Les défunts Balla gaye, Mamadou Diop, Bassirou Faye et Mouhamadou Fallou Sène, en intégrant les universités avaient des rêves et des ambitions. Malheureusement l’Etat les a brisés à cause de la modique somme de 18000f cfa  soit 30 euros.

Rappelons qu’ils ne quémandaient pas ces 18000f cfa mais ils réclamaient seulement leur droit. Ce droit,  c’est leur bourse et pour certains, c’est la seule source de revenu, le seul moyen d’acheter à manger et donc le seul moyen de vivre. L’Etat en retardant le paiement des bourses, viole non seulement leur droit, mais aussi les prive de nourriture et de moyen de satisfaction des besoins primaires. Pourtant, l’Etat n’hésite pas à  ouvrir le feu sur les étudiants quand ils ne demandent que leur droit.

Combien d’étudiants doivent encore mourir pour qu’on arrive à ce que le système soit stable ? Combien de balles devrons-nous recevoir pour que les services soient réguliers ? Combien de bombes lacrymogènes doit-on essuyer pour assainir le système ? Personne ne saura répondre à ces interrogations. Raison pour laquelle chaque année des milliers d’étudiants sénégalais préfèrent intégrer des universités étrangères.

Le système de l’enseignement au Sénégal qui plus est fortement politisé, ne cesse de faire reculer les possibilités de réussite. Les étudiants ont perdu tout espoir de réussir en restant dans les universités publiques sénégalaises à cause d’un système malade et paralysé. Moi en premier j’ai fait ma première année à l’université Gaston Berger et j’étais obligé de reprendre ma première année ici en France. J’ai « perdu » une année de mon cursus scolaire à cause d’un système d’enseignement au Sénégal horriblement mal organisé. Et les autorités ne font aucun effort pour améliorer les conditions de vie et d’études au Sénégal parce qu’ils ont les moyens d’envoyer leurs enfants dans les universités étrangères. Ce sont ces mêmes autorités qui n’hésitent pas à ordonner aux forces de l’ordre de recourir à la violence en tirant sur les étudiants des balles réelles parce qu’ils savent qu’aucune de ces balles n’atteindra leurs enfants confortablement installés hors du Sénégal.

N’oublions pas que depuis Balla Gaye, tué en 2001, en passant par Mamadou Diop tué en 2011, sans oublier Bassirou Faye tué en 2014, 17 longues années se sont écoulées, mais malheureusement, rien n’a changé. L’Etat continue à tuer les étudiants. Mouhamadou fallou sène gonna be the last one. Beaucoup de vies et de destins sont sacrifiés. Maintenant ça suffit. Stop à l’assassinat des étudiants. Martin Luther King avait un rêve, il est mort à cause de ce rêve et son rêve a été enterré avec lui. Nous, cependant nous n’avons pas de rêve, mais un combat à mener. Notre combat est le respect des droits de l’homme et corrélativement le respect des droits des étudiants ; et nous nous battrons jusqu’au bout pour gagner ce combat. Nous n’avons pas peur de mourir pour cette cause, parce que nous sommes sûrs et certains que ce combat ne sera pas enterré avec nous, car en plus d’être consciente, la jeunesse est engagée, déterminée et ne reculera pas.

Pour l’instant, nous exigeons toute la lumière sur cette affaire et réclamons que tous les responsables de la mort tragique, dramatique et inhumaine de Mouhamoudou Fallou Sène soient punis. Cette marche est seulement un point de départ si nous n’obtenons pas justice pour Mouhamadou Fallou sène nous organiserons une nouvelle action collective plus révoltée et pas seulement à Paris mais dans toutes les grandes villes du monde. Nous avons le soutien de plus 100 associations estudiantines issues de plus de 100 pays différents. Nous avons le soutien des défenseurs des droits de l’homme et nous avons le soutien de nombreux groupes de presse. Maintenant nous disons aux autorités sénégalaises que la balle est dans leur camp.

Nous ne sommes pas cette jeunesse pleureuse qu’on console avec des mots doux. Nous ne sommes pas cette jeunesse qui reste passive face à l’injustice et contemple la souffrance. Cette jeunesse engagée et déterminée est unie pour la justice et cette fois-ci elle veut et exige que justice soit faite. »

Babacar BA  

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