Concurrence de Auchan : « par peur de disparaître », les boutiquiers lancent un cri de cœur

Concurrence de Auchan : « par peur de disparaître », les boutiquiers lancent un cri de cœur

La prolifération des grandes surfaces dans la capitale sénégalaise et dans les régions, qui évoluent dans le secteur de l’alimentation, tue à petit feu les boutiques qui n’arrivent pas à faire face à la concurrence. Avec les prix de pénétration que ces multinationales ont adoptés, les boutiquiers n’arrivent plus à vendre comme avant il le faisaient avant.

«Moins cher tout le temps», le slogan de Auchan se voit de loin. Implantés dans le pays depuis 2014, les supermarchés Auchan ont réussi à s’adapter aux habitudes des Sénégalais en cassant les prix de leurs produits et en ouvrant jusque tard le soir. Rien ne semble plus pouvoir arrêter Auchan au Sénégal, la filiale locale du quatrième distributeur français. Ce qui ne fait pas le grand bonheur des boutiquiers qui voient de jour en jour leurs chiffres d’affaires baisser.

Ils sont presque dans tous les coins et recoins des quartiers pour capter les clients. Et « depuis l’arrivée des grande surfaces de Auchan, les clients n’achètent plus grand-chose », nous dit Ahmeth Dramé, un jeune boutiquier sis à la cité Belvédère.

Ainsi, explique le jeune homme, «au paravent, je vendais à beaucoup de mes clients leur ravitaillement mensuel. Un seul client pouvait acheter des produits à hauteur de 100 000 F CFA». Mais maintenant, reprend-t-il, «on peinà vendre cette somme pendant la période de fin du mois».

Lassana Diallo est du même avis que son collègue susmentionné. Vêtu d’un pantalon marron assorti d’un tee-shirt de couleur bleu-blanc, le trentenaire pousse un cri de cœur. Il est tellement contre l’installation des grandes surfaces au Sénégal qu’il n’a pas pris la peine de parler de sa propre clientèle. «C’est une situation qui nous mène directement vers la faillite. Nous ne pouvons pas concurrencer avec ces supermarchés vu les prix qu’elles proposent, alors que les bénéfices ne sont pas les mêmes. Si l’Etat ne fait pas quelques chose pour les arrêter, les boutiques vont très bientôt disparaître», prévient Lassana Diallo, boutiquier au marché de Dalifort.

Même son de cloche chez Askia Diallo, l’homme originaire de la Guinée est allé jusqu’à prier pour la disparition des grandes surfaces de Auchan. On peut dire qu’il est plus qu’inquiet. «Cela fait plus de 10 ans que je suis boutiquier, mais cette crise économique qui sévit dans notre secteur est sans précédent. Les clients qui viennent vers nous n’achètent que de petites choses (des sucettes, de la cigarette, des biscuits, du pain) qui ne peuvent pas faire beaucoup de bénéfices. C’est difficile, en fait», dit-il.

«Ils ont une stratégie de concurrence directe avec nos clients, même ceux qui sont très très pauvres. Ils ont les mêmes prix, sinon beaucoup moins chers», remarque Mohamed Kandia, boutiquier au marché Castors. Le trentenaire dépassé a son magasin non loin d’un supermarché Auchan. «Depuis son ouverture, cette grande surface fait baisser nos bénéfices. C’est une concurrence déloyale. Ils vont nous détruire», s’insurge-t-il.

Cette situation, c’est-à-dire dire la présence massive des grandes surfaces, inquiète les boutiquiers qui craignent que leur commerce ne résiste encore longtemps. A cet effet, ils invitent le Gouvernement à stopper l’implantation massive des supermarchés Auchan ou au moins de réglementer la concurrence qui profite très largement à ces grandes surface, au moment où les petits commerçants qu’ils sont « vont tout droit vers la ruine ».

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